Undercover/09/10/Caïn et Abel : Guerre et réconciliation
par Joël Labruyère

Le mythe des frères ennemis, Caïn et Abel, est l’exemple de l’inversion du sens biblique, opéré par les autorités planétaires. Dans cette histoire, Caïn le révolté, dont le sacrifice est refusé par "les dieux", n’est pas si méchant qu’on croit, et, d’autre part, le doux Abel, dont le « sacrifice d’agréable odeur monte vers l’Eternel », est l’égorgeur des troupeaux placés sous sa sainte protection.
Pourquoi cette inversion est-elle si importante dans le rapport des forces sur cette planète ? Parce que la race du Berger en Chef Abel - l’élite mondiale - exerce son pouvoir sur les masses, qu’elle maintient dans l’enclos de ses systèmes politiques et religieux, tandis que Caïn, le "laboureur" qui creuse pour trouver la vérité, est excommunié par la caste des gardiens, pontifes ou présidents.
Caïn est le bouc émissaire auquel on a mis des cornes en faisant de lui le suppôt de Satan. Et Abel est le saint pontife qu’on promène sur des palanquins…
Avec de simples rudiments de l’alphabet hébreu, on vérifie facilement dans un dictionnaire hébraïque, que Caïn signifie « celui qui possède la maîtrise (de soi) » et qu’Abel veut dire "apparence" ou "fumée". Dans les faits, Abel est le gardien des "troupeaux" humains, le maître de l’ordre établi, tandis que Caïn l’insoumis est condamné à être « errant et fugitif à la surface de la Terre ».
Pourquoi l’aîné, le "possesseur de l’esprit" est-il déchu alors que le cadet, que son nom désigne comme une créature dépourvue d’essence divine, détient-il le pouvoir ? Qu’est-ce qui a valu à Caïn cette malédiction, alors qu’Abel, qui n’a rien fait pour les mériter, est couvert de bénédictions temporelles ?
Le mythe nous raconte que Caïn est le premier né d’Eve et d’un dieu (Samaël ou un autre Elohim) tandis qu’Abel est un mortel, le fils de l’Adam terrestre.
Lorsque Caïn a vu le jour, la Bible dit clairement que Eve s’est écriée : « J’ai mis au monde un enfant de l’Eternel ». Mais quand Abel est venu au monde, elle n’a rien dit.
On apprend simplement qu’Adam est le père du berger Abel, un berger qui garde les troupeaux (les apparences matérielles) et qui offre au Ciel l’holocauste de leur chair. Abel ne produit rien, il garde, conserve et sacrifie ce qu’il n’a pas créé. Et le Ciel approuve ce sacrifice qui est dans l’ordre naturel des choses, alors que le sacrifice de Caïn n’est pas accepté. Ce sacrifice est le fruit de ses actions.
Et Pourquoi l’offrande de Caïn, le premier né, fils d’Eve et d’une divinité, le possesseur du feu de l’esprit - le « seigneur de lui-même » – qui laboure les profondeurs pour trouver la vérité, pourquoi son effort n’est-il pas agréé ?
C’est ce que la Bible ne dit pas, mais que seule une analyse étymologique du mythe de Caïn et d’Abel révèle, si l’on remet les choses à l’endroit.
Les théologiens ont inversé le sens de cette histoire par ignorance, préjugés ou mauvaise intention. Les autorités religieuses d’Abel – ou même soit-disant laïques - qui sont les bergers en ce monde, n’avaient pas intérêt à ce que les "troupeaux" découvrent la vérité sur le sort qui leur est réservé.
Nous comprenons mieux la nature d’Abel grâce au Livre de l’Ecclésiaste qui commence par ces paroles célèbres : « Vanité des vanités, tout n’est que vanité ». Or, en hébreu "vanité" se dit "abel", qui se prononce "hevel" selon la ponctuation donnée à la lettre Beit ou Veit. (hevel me hevelim / vanités des vanités) Ici la "vanité" qualifie bien l’apparence du monde formel, qui est doté de vie mais n’a pas de caractère divin.
Par notre nature corporelle, nous sommes des produits de la nature, et cette forme apparente est continuellement condamnée à disparaître, sacrifiée par le temps et la mort. Ce que l’Ecclésiaste qualifie de « vanité des vanités », c’est l’existence, où tout change selon les cycles cosmiques.
Nous allons mourir un jour, sacrifiés sur l’autel de l’existence temporelle. Mais Abel est satisfait de son sort, et il y trouve même le fondement de sa religion et de sa philosophie, alors que Caïn le révolté s’oppose à ce processus existentiel, et il voudrait le transformer pour retrouver la liberté absolue dont il était doté à l’origine. Ce sont là les vérités cachées dans le mythe de Caïn et d’Abel, si l’on est respectueux de l’étymologie – la "science du vrai" - et qu’on ne veut plus croire les mensonges des bergers du monde.
Allons plus avant dans cette histoire pour découvrir ce qu’on nous cache derrière la fable théologique des frères ennemis.
Le mystère qui ne devait pas être révélé, c’est qu’il y a deux races vivant sur cette planète. Caïn et Abel sont deux types humains radicalement différents, au delà des clichés du "bon et du méchant".
Contrairement à la croyance qui nous fut implantée par les orthodoxies du judéo-christianisme, le bien et le mal ne sont pas ce qu’on pense. Ce que l’éthique des bergers de la race d’Abel qui règnent sur le monde, appelle le "bien" c’est la soumission. Ils appellent "mauvais" l’insoumission, et condamnent comme "hérétique" la recherche des secrets de l’existence.
Celui qui veut aller au-delà des formes admises, est perçu comme un méchant, et c’est le sort des fils de Caïn dont la vocation est de creuser les apparences - démarche jugée "criminelle" envers l’ordre établi.
Dans le mythe biblique, nous apprenons que les oeuvres de Caïn n’ayant pas été acceptées par les dieux de ce monde, sa sainte colère explose. Devant cette ardeur de feu, la créature Abel – l’apparence – est réduite en fumée. (En hébreu, Abel signifie également "fumée" ce qui confirme qu’en tant que créature il n’est qu’une illusion, une "vanité")
Donc « Caïn se dressa devant Abel et le tua ». Devant la force de l’esprit, l’apparence illusoire est dissoute. La forme est assassinée. Face au "seigneur" né d’un dieu, la créature mortelle ne représente qu’un phénomène transitoire. L’Esprit domine la Forme, aussi pure soit-elle. Ce fut un drame sur les plans cosmiques.
Cette catastrophe est survenue sur une dimension supérieure de l’univers et dans un temps archaïque non terrestre.
Caïn était le "seigneur" du monde originel non manifesté, où règnent la volonté pure. Abel était la créature angélique inconsciente baigant dans la douce lumière du paradis des formes paisibles, sous la garde les démiurges.
La tradition secrète nous indique qu’il existe des univers parallèles de qualités énergétiques aussi radicalement opposées que le feu et l’eau. Caïn est le feu et Abel est l’Eau.
Les mondes vibrant selon le potentiel du Feu de l’Esprit - ne sont pas accessibles aux créatures de l’Eau – la nature.
Mais lorsque des êtres de Feu descendent dans les mondes de la forme manifestée, cette irruption déclenche une catastrophe, comme celle qui est décrite dans le mythe de la "chute de l’homme".
L’esprit ardent de Caïn fut ressenti comme un viol par les créatures du monde paisible d’Abel. Et ce fut ce qui est décrit comme le meurtre d’Abel - non que Caïn ait désiré blesser son "frère" volontairement, mais au contraire, il voulait le délivrer de l’emprise des démiurges. Caïn représente également l’archange rebelle qui veut apporter la liberté à la créature, liberté dont cette créature n’a que faire, et qu’elle ressent comme un danger, une blessure, un meurtre. Alors, Caïn insiste… et il brûle ce qu’il voulait sauver, par sa seule présence dévorante de volonté et de désir ardent.
Ayant violé un territoire placé sous la protection des dieux de la nature formelle, Caïn fut maudit et condamné à errer, prisonnier dans cette nature, désormais déséquilibréepar sa seule présence. Traqué par les chiens des bergers d’Abel – les illuminati si l’on préfère - il doit vivre « errant et fugitif », sous le coup d’une excommunication perpétuelle.
Les autorités qui craignent qu’il ne libére leurs troupeaux humains en arrachant leurs enclos politico-religieux, l’ont appelé Satan.
Par un mécanisme de projection, les religions en fait de lui le principe du mal et des perversités dont l’élite des bergers d’Abel est elle-même coupable.
Voit-on le tragique malentendu, et pourquoi les esclaves de la terre ne savent plus voir où sont leurs véritables alliés ? Pire encore, en croyant se ranger du côté de la "lumière", les humains sont en réalité au service de forces rétrogrades qui avancent masquées.
Nous découvrons combien le jeu politique qui se joue ici-bas est inextricable. Ceux que les autorités dénoncent comme "fils de Satan" sont les enfants révoltés de Caïn cherchant la délivrance, alors que les pontifes en robes blanches - qui bêlent leurs prières vers le ciel - sont des loups déguisés en agneaux.
Les autorités, gardiens des troupeaux humains qu’ils font paître avec une trique de fer, et dont ils tondent la laine sur le dos avant de les envoyer à la boucherie, sont les descendants d’Abel, le Berger. Au crédit d’Abel, il faut dire que ce sont les esprits issus de Caïn qui ont perturbé l’harmonie du monde paradisiaque. Mais il fallait y éveiller le feu de la conscience individuelle et dynamiser l’évolution.
Caïn est révolté par le sort des créatures qui vivent dans une béatitude inconsciente sans posséder la conscience individuelle libre. Caïn, le maître de lui-même, porteur de l’esprit individuel, voudrait en faire don aux créatures qui suivent une évolution trop lente à son goût.
Il veut accélérer les processus d’évolution pour stimuler les créatures à s’émanciper de l’influence protectrice mais castratrice de leurs guides spirituels conservateurs et des autorités terrestres vampirisantes.
Cette irruption des ardents esprits de feu dans le monde de la lumière paradisiaque des mondes de la forme, constitue la « chute des esprits des ténèbres ».
Et pourquoi ces êtres venus d’une dimension supérieure, sont-ils appelés « esprits des ténèbres » ? Grâce à l’étymologie, nous découvrons que ces "Ténèbres" si effrayantes dans notre culture, préexistent avant la lumière. Au début de la Genèse, dans sa version hébraïque, les Ténèbres ne sont pas "maléfiques", mais elles décrivent un monde inconnu, l’univers préexistant avant la manifestation du monde. Les "Ténèbres" sont le réservoir des forces originelles. Tout est issu de cette matrice mystérieuse que les théologiens ont diabolisé car pour l’homme en incarnation, le sans-forme est vu comme un péril, le Diable, la dissolution, la grande nuit.
Les Ténèbres originelles ne sont pas le "mal", mais un milieu d’énergie si puissante que les créatures ne pourraient en supporter le rayonnement. C’est pourquoi, les orthodoxies y ont vu "l’adversaire" de leur cohésion, le Satan qui dissout leur ordre établi.
Sur la terre, ce feu couve dans l’esprit des fils de Caïn qui conservent la nostalgie du monde originel. Ils désirent retrouver les abîmes du "crépuscule des dieux". Ces Fils de Caïn sont les maudits en ce monde : poètes, artistes, génies méconnus, réprouvés, chercheur de vérités secrètes, apôtres de la liberté individuelle contre l’ordre d’Abel.
Depuis la catastrophe dont ils sont responsables, il doivent apprendre la pénible leçon de la patience et de la compassion parmi leurs frères de la race d’Abel, lesquels disposent bien d’une sagesse, mais sont dépourvus de l’intelligence des mystères.
Comment ne pas ressentir la situation planétaire comme une extrême confusion en découvrant que les "méchants" ne sont pas véritablement ceux qu’on pense ?
Ainsi, les bergers politiciens "illuminati" qui déclament leurs hypocrites sermons de paix depuis les tribunes internationales, sont en réalité des bouchers qui sacrifient les masses à leurs intérêts égoistes et se livrent en secret à d’abjects rituels sanglants.
Ces bergers ont inventé un bouc émissaire, un grand méchant loup, le Diable, pour exciter la répulsion de leurs troupeaux envers les dissidents qui menacent son empire.
Ces mauvais bergers, experts en magie trouble, accusent leurs ennemis, les fils de Caïn d’être des "satanistes" se livrant à des rites abominables. Mais, c’est tout le contraire et le Diable n’y reconnaîtrait pas ses petits.
Pour mettre un comble à la confusion, les bergers de l’élite mondiale ont répandu la rumeur qu’ils seraient d’origine extraterrestre, tels des dieux venus de l’espace qui auraient fabriqué l’homme biologique en laboratoire. Il s’agit évidemment d’un leurre par lequel les maîtres de l’ordre mondial espérent se hisser sur un seuil supérieur de pouvoir, en invoquant une légitimité aristocratique extra-humaine.
Le comble de la désinformation provient des milieux new age qui confondent toutes ces données, et qui tombent aveuglément dans les pièges tendus par les vampires de l’invisible, auto proclamés "maîtres ascensionnés" ou "guides de lumière". La confusion est totale.
Toutefois, celui qui étudie avec lucidité le mythe de Caïn et Abel avec les clés que nous venons d’exposer, dispose de repères fiables. Il échappera au piège du jeu macabre des "blancs" opposés aux "noirs". Il pourra comprendre que les "méchants" qu’on désigne à sa vindicte pourraient être ses véritables alliés, alors que les bons apôtres de la "paix et de la sécurité" dissimulent souvent des prédateurs politiciens.
Ce n’est pas simple, mais celui qui fait l’effort de chercher, trouvera la vérité. Et la vérité l’affranchira du jeu qui se joue ici-bas à moins qu’il n’en ait plus la force à cause des implants de la culture judéo-chrétienne inversée. L’émancipation exige un désir de liberté qui domine le désir de sécurité.
Il faut savoir que chacun d’entre nous est de la race d’Abel selon sa nature terrestre qui aspire à la sécurité et à l’harmonie. L’essence Caïnite est plus éveillée dans ceux où souffle l’esprit de liberté et le désir de découvrir des mondes inconnus. L’une ou l’autre tendance domine en chaque être. Le sens intime de notre véritable nature nous dira comment harmoniser ces aspects qui sont parfois tellement opposés qu’ils ont généré le drame où nous sommes plongés. Cette affaire est loin d’être réglée, mais nous pouvons en devenir les acteurs dynamiques plutôt que les spectateurs passifs et soumis.
L’homme est fils de Caïn par sa volonté. Le défi de sa vie est de maîtriser son feu et d ‘assimiler les valeurs de compassion.
Quant à lui, Abel doit développer son pouvoir de penser et rechercher la vérité au delà des apparences rassurantes et des rêves.
Alors, ils se comprennent. Mais ce sera long.
L’essence de l’esprit indomptable réconciliée avec la beauté formelle, voilà l’enjeu de notre cycle d’évolution.
