Undercover/04/04/La voix des morts sur gramophone
Au début des années 30, on parlait beaucoup de la médiumnité de Madame Meurig Morris, une femme de petite taille et qui possédait une voix au timbre clair et Vibrant. En état de transe, elle parlait d'une voix très puissante lors de ses conférences d'une éloquence tout à fait inattendue et d'une science et d'une philosophie approfondies. Son succès à Londres a été si foudroyant qu'on a été forcé de louer pour elle un grand théâtre; pendant plusieurs semaines de suite, il n'y a pas eu une seule place vide dans la salle. Pas une fois, le public n'a été déçu et elle a parlé par la voix de son contrôle spirite qui s'appelle « Power » (Puissance).
Depuis ce moment, madame Morris, en transe a harangué des foules énormes dans toutes les villes d'Angleterre, et pendant une période de quatre mois, rien n'a jamais suggéré que le phénomène n'était pas rigoureusement vrai. Des journalistes, des sceptiques innombrables de toutes les villes d'Angleterre l'ont vérifiée, car non seulement elle donnait par la voie de Power des conférences extraordinaires, mais aussi des messages intimes aux personnes de l'auditoire.
Cette démonstration spirite aurait pu en rester là, et mériter de figurer simplement parmi les curiosités de « l'occultisme à papa », si quelqu'un n'avait suggéré de faire un enregistrement sur gramophone de la voix naturelle de madame Morris ainsi que de la voix désincarnée de Power, son contrôle spirite. la Columbia, qui était déjà une grande Compagnie de Gramophone, s'est offerte pour l'expérience, pas seulement pour faire avancer la recherche, mais sans doute avec une idée sur l'usage final de ce genre d'enregistrement peu conforme à la stratégie commerciale du show bizness. On apprendra ensuite que la Columbia et d'autres compagnies avaient déjà gravé sur la cire des milliers de messages spirites. Dans quel but ?
L'affaire devint d'une importance capitale pour le monde entier, car l'enregistrement de Power à travers son médium vivant fut effectué sous contrôle scientifique. Le disque fut gravé et semble t-i1 mis en circulation à l'usage des personnes possédant un gramophone, instrument toutefois assez peu répandu il y a 70 ans. Mais où est passé ce témoignage de l'au-delà ?
C'est le 20 Mars 1931 dans les ateliers de la Compagnie Columbia que l'expérience eut lieu devant ces personnalités.
L'idée principale était de faire deux enregistrements avec la voix de Power parlant dans le microphone. Les ingénieurs chargés de l'enregistrement étaient dans une autre pièce et il fut convenu que Power, le contrôle spirite, devait commencer à un moment déterminé, et à cette même seconde, le mécanisme dans l'autre pièce devait commencer à tourner sans que les ingénieurs puissent entendre un mot. Il était si douteux qu'une entité spirite puisse d'adapter aux exigences d'un tel mécanisme à la seconde près que les ingénieurs dirent d'avance que la chose était techniquement irréalisable.
Le président de la séance, Monsieur Ernest Oaten, rédacteur en chef du grand hebdomadaire anglais « The Two Worlds », commença par quelques mots sur la médiumnité, mentionnant que des dizaines de milliers de cas-contrôles de désincarnés avaient été enregistrés, que le temps était passé pour demander des preuves de cette forme de communication, et il s'attacha à l'approfondissement des messages que les désincarnés pouvaient nous apporter. Monsieur Oaten parla peu de temps montre en main, pour ne pas dépasser la limite exacte pour le commencement de l'expérience.
Il s'agissait sans doute de chauffer l'atmosphère. A la minute même, Madame Morris se leva et d'une voix au timbre haut et clair, tout à fait féminine, fit un brève invocation, priant pour la bénédiction du Père éternel sur les événements de l'après-midi. Les personnes présentes se joignirent à elle en chantant un hymne anglais « Abide With Me » pendant lequel Madame Morris entra en transe, et sans avoir besoin de s'asseoir, se mit devant le microphone. Il y eut une brève pause, alors la voix résonnante, forte d'un baryton profond de Power s'éleva dans la salle ; il parla sans hésitation pendant 8 minutes. Il y eut une seconde pause, très courte, et Power parla encore une troisième fois.
Le disque sur lequel l'enregistrement était fait était signé d'avance par 5 personnalités irréprochables ce qui rendait impossible la substitution de l'enregistrement.
Deux semaine plus tard, les ingénieurs annoncèrent un succès complet, sauf qu'il manquait cinq ou six mots au commencement de la deuxième partie du disque.
Ce disque est répertorié: Columbia D.X.265.
Après cette expérience, on annonça que la voix d'un désincarné était disponible sur disque.
On ne sait quel fut le succès de ce disque, ni s'il figure encore dans les archives de CBS.
Aujourd'hui, cette expérience nous paraît désuète, et emprunte de cette naïveté de vouloir prouver l'existence d'une vie désincarnée comme si cette évidence pouvait changer le cours des choses. Notons que nombre de nos modernes channels seraient bien en peine de réaliser une telle prouesse avec leurs « êtres de lumière ».
Toutefois, nous relevons un point important qui peut nous éclairer sur la manipulation psychique à partir de la musique enregistrée sur disque.
On prétend que les matrices servant à imprimer la musique - depuis le classique jusqu'au rock - sont formatées avec des arrière-plans de messages subliminaux que l'auditeur ne peut pas percevoir avec l'oreille. Nous pensions que certains groupes d'initiés et de magiciens enregistraient ces messages soigneusement dissimulés sous la musique, mais il est probable qu'ils sont capables de mêler la musique - particulièrement le rock rempli de distorsions sonores - avec des voix d'entités désincarnées pouvant relier naturellement l'auditeur à l'au-delà. Car si les messages des spirites sont souvent à l'eau de rose, n'oublions pas que les entités-contrôles sont des anormaux, attachés au plan physique et désirant capter l'énergie des vivants en les subjuguant par de belles paroles.
Les sociétés de production de disques qui sont entre les mains de satanistes, travaillant pour les services secrets militaires, sont loin d'être des innocents en la matière. Ayant lancé leur grande opération de séduction avec le rock-n'roll, ils ont utilisé des messages subliminaux augmentant l'effet hypnotique des rythmes modernes.
En écoutant un succès d'une star de la chanson, sommes-nous mis en contact avec l'au-delà ?
La fascination exercée par les stars du show bizness est une énigme, car dès que les feux de la rampe sont éteints - ils ne sont que des créatures ordinaires, plutôt misérables, dépendants de narcotiques, et bourrés de névroses. Quelle charge magique contiennent leurs chansons pour fasciner des millions de personnes jusqu'au délire ?
L'enregistrement de Power ne répond pas à cette question, mais elle nous prouve que les maisons de disque sous contrôle des services secrets - sans doute depuis le début de l'enregistrement sonore - trafiquent d'étranges projets avec les sons qui s'insinuent dans nos âmes.

