Serviteurs du Plan Divin/21/Epilogue
| L’appel au service |
LE SEIGNEUR BOUDDHA qui résidait une fois dans une forêt à Kosambi en Inde prit quelques feuilles dans sa main et demanda à ses disciples :
- « Que pensez-vous, O bhikkus ? Qu’est-ce qui est davantage : ces quelques feuilles dans ma main ou les feuilles de la forêt, qui est là-bas ? »
- « Maître, il y a très peu de feuilles dans la main du Bienheureux, » répondit un disciple, « mais, en effet, il y a beaucoup plus de feuilles dans cette forêt ».
Le Bouddha poursuivit :
- « De même, bhikkus, je ne vous ai dit qu’une petite partie de ce que je sais; ce que je ne vous ai pas dit est bien davantage. Et pourquoi ne vous ai-je pas parlé de ces autres choses ? Parce qu’elles ne sont pas utiles, elles ne sont pas fondamentalement reliées à la sainte vie spirituelle, et ne vous conduiront pas au nirvana. Voilà pourquoi je ne vous ai pas parlé de ces choses. »
Le Bouddha ne s’intéressait pas aux discussions sur des questions métaphysiques inutiles qui pouvaient créer des problèmes imaginaires et d’interminables spéculations. Il considérait ces sujets comme une « jungle d’opinions ». De même, et pour deux très bonnes raisons, le présent ouvrage laisse de côté bien des sujets, ayant trait au Nouvel Age du Verseau, qui font l’objet de ferventes discussions, recherches, écrits et enseignements aujourd’hui.
D’abord, parce que pas même mille traités de taille encyclopédique ne pourraient communiquer tout ce qui se passe dans le monde, le système solaire et au-delà, et qui est directement relié soit aux Serviteurs, soit au Plan Divin pour la planète Terre actuellement. Par conséquent, un résumé d’un sujet comme celui qui est abordé dans ce livre doit nécessairement rester synoptique et par conséquent, en un sens, incomplet.
Ensuite, une grande partie de ce qui entre dans les paramètres très larges de la façon de penser du Nouvel Age aujourd’hui, bien que souvent fascinant et assez sensationnel, tend à être superflu au regard des besoins immédiats dans le monde. Parmi la pléthore de nouvelles informations actuellement disponibles, il existe toutes sortes d’attractions très pittoresques, et celles-ci peuvent conduire à une excitation permanente, une perception embrouillée, provoquer un effet de contagion, et par conséquent créer une distraction inutile aux questions les plus essentielles et les plus pertinentes du jour.
La Vérité est, a été et sera toujours simple; en effet, son essence est contenue dans une affirmation absolument fondamentale et cependant très profonde, à savoir que l’Amour est la plus grande aide pour parvenir à la guérison et au progrès spirituel. En compilant cet ouvrage quelque peu technique, nous nous sommes parfois interrogés si son exposition pouvait comporter des risques pour certains esprits qui pourraient s’attacher de manière idéaliste aux idées et idéaux qu’il contient. Nous avons été quelque peu préoccupés par la possibilité que nous puissions, sans le vouloir, être responsables de la création de nouvelles prisons conceptuelles pour les chercheurs de Vérité. Ayant cela à l’esprit, voici ce que nous offre la sagesse du Tao Te Ching :
- « Ce qui peut être transmis avec des mots n’est qu’une conception relative; bien qu’on lui applique des noms et des concepts, la vérité subtile est indescriptible. » - Lao Tsu.
Pour que certains individus ne tombent pas dans les mêmes enchevêtrements qui ont obscurci la vision spirituelle claire et véritable dans tous les âges et toutes les cultures, il est tentant de faire la suggestion suivante au lecteur : dès qu’il aura compris et aura été inspiré par les concepts et faits exposés dans ce livre, il ferait bien de les oublier complètement et de simplement pratiquer l’amour inconditionnel dans sa vie, car comme le Bouddha l’a affirmé « Tout est Samsara (illusion) ». Pour les yeux sans voile de celui qui est devenu illuminé par la simple Vérité, et qui donc, dans une parfaite clarté, voit les choses telles qu’elles sont, la vie phénoménale est reconnue comme n’étant qu’un réseau complexe de schémas énergétiques en mouvement qui apparaissent et disparaissent; rien dans ce monde n’est permanent ou, par conséquent, Réel.
Il a déjà été dit auparavant que les philosophes meurent l’esprit confus, et séparés de la Vérité par leurs propres esprits étriqués. Les philosophies et idées complexes ne servent qu’à éparpiller notre énergie et dissiper notre attention dans l’instant présent et conduisent finalement à la confusion. Cependant, quand nous cessons de nous débattre, quand nous avons une confiance absolue dans les processus de la vie et demeurons dans l’acceptation et l’amour inconditionnel pour d’autres formes de vie, tout ce qui est pertinent dans l’instant présent nous est révélé; on réalise la perfection du moment, tandis que toutes nos constructions mentales passées, nos identifications subjectives à la matière et aux phénomènes, et tous les facteurs de conditionnement qui y sont reliés, sont vus comme vides, dépourvus de substance, semblables à des ondulations sur un lac ou des rayons de lune reflétés dans un miroir.
Les appels au réveil, ego factices, voiles, portails et programmes ne sont tous que des instruments conceptuels qui tentent de conférer une idée d’une certaine dynamique ésotérique qui est finalement au-delà de la compréhension intellectuelle; ils ne sont que des indicateurs, des repères sur le chemin qui conduit à la Grande Vie. Il faudrait toujours se rappeler que si ces réalités peuvent être utiles et appropriées à certains niveaux du Samsara, elles sont aussi éphémères et cessent donc d’exister à d’autres niveaux, quand le point de conscience en développement – l’âme – avance vers l’intérieur dans son voyage d’accomplissement spirituel et d’émancipation progressive de toutes les créations conceptuelles et illusions transitoires qui font partie des mondes inférieurs.
Notre ardente prière est que les explications révélées ici soient reconnues pour ce qu’elles sont, et qu’elles ne deviennent pas encore un autre substitut de la Réalité, qui peut seulement être vécue, jamais conceptualisée. C’est notre souhait que les principes et les idées que nous avons décrits ne seront pas considérés comme une excuse pour cesser le processus joyeux, nécessaire et éternel de la recherche pour aller toujours plus loin et plus haut; c’est notre espoir que notre vision aidera finalement les Serviteurs comme l’humanité à atteindre le lieu le plus sacré qui soit, celui du pur et inconditionnel amour, là où le temps touche l’Éternité, où le cœur individuel est en phase et bat avec le Cœur Universel, et où la Sainte Vérité, simple et immuable, peut être connue.
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