Présence extraterrestre et ovnis : les vrais enjeux

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Présence extraterrestre et ovnis : les vrais enjeux
Par Karma One, Octobre-Novembre 2007.

Nous y voilà. Après des siècles d'observation du phénomène ovni, et soixante ans de « black out » sur la réalité extraterrestre, il semble qu'on ait atteint la masse critique de témoignages, d'archives, de films et de photos civils ou militaires : la question n'est plus de savoir si le phénomène existe, si nous sommes seuls dans l'univers, si ces engins aux prouesses technologiques incroyables sont pilotés par une intelligence, si les personnes qui prétendent avoir été enlevées sont démentes, etc. N'en déplaise aux médias français paralysés par la peur du ridicule et le cartésianisme bon ton : l'heure est à la révélation et à l'avènement d'une réalité qui constitue un choc ontologique sans précédent pour l'humanité. D'autres races que la nôtre sont en contact avec nous, certaines depuis des millénaires, d'autres depuis dés décennies ; certaines bien intentionnées, d'autres non...

Qu'en savons-nous ? Ce qu'en racontent les « whistleblowers », ou témoins privilégiés, ces militaires, américains pour la plupart, qui décident depuis quelques années de lever le voile sur ce qu'ils ont vu durant leur carrière, brisant ainsi le sacro-saint « Secret Défense ». On peut d'emblée s'étonner que l'armée et les services de renseignements laissent parler ces témoins : la divulgation ovni serait donc moins dangereuse que la recherche en énergie libre - jalonnée de mystérieux assassinats - voire avantageuse... Mais pour qui ?

À qui profite la levée du « cover up » ? Aux gouvernements embarrassés qui commencent à laisser passer l'information en douceur pour éviter une panique généralisée ? Au gouvernement de l'ombre qui escompte générer dans l'opinion une aliénophobie qui laisse le champ libre à la militarisation de l'espace ? Quant aux aliénigènes eux-mêmes, difficile de présumer de leur intérêt dans cette opération : quatre races au moins seraient en interaction avec la nôtre, quatre espèces aux caractéristiques physiques, psychiques, énergétiques et génétiques radicalement différentes, et aux motivations tout aussi variées.

Ainsi le défi est de taille, et comme le dit le sergent-major Robert Dean, l'un des whistleblowers de ce dossier, il va falloir grandir, distinguer le vrai du faux, résister à la peur de l'Autre comme à la tentation messianique. Nous ne pourrons plus longtemps nous prendre pour les rois de l'univers en laissant une poignée de fous précipiter l'humanité et sa planète à leur perte, nous n'en n'avons plus le temps. Et c'est peut-être là la clé de ce grand déballage : l'échéance 2012 qui revient comme une date fatidique, sans appel. 2012, c'est-à-dire demain.

Sommaire

Introduction

Nous sommes ici dans une tout autre démarche que celle de l'ufologie classique qui consiste à chercher les preuves matérielles de l'existence des ovnis et des extraterrestres et à mettre au point des outils pour les analyser. Suffisamment d'organismes officiels, comme le GEIPAN (CNES) (2), ont établi sans nul doute la réalité et le caractère furtif, inexplicable et intelligent du phénomène. Avec les « whistleblowers » ou témoins privilégiés, nous dépassons cette seule interrogation de la manifestation tangible et matérielle d'une technologie défiant nos connaissances. Nous abordons ici des questions beaucoup plus larges qui touchent aux origines et à l'avenir de l'humanité. Nous entrons de plain-pied dans un changement qui laisse entrevoir une forme de guerre psychologique larvée par l'entremise des médias qui crédibilisent ou discréditent tour à tour le phénomène.

Un besoin impérieux et citoyen d'informer leurs semblables constitue la motivation affichée de ces « révélations », malgré le risque de discrédit et de ridicule pesant sur leurs auteurs. Dans la réalité dépeinte par ces informateurs, les extraterrestres, les ovnis et la technologie « alien » récupérée par des firmes privées et transnationales représentent un enjeu, voire une menace, mille fois plus important pour notre devenir que le terrorisme, la guerre en Irak, la crise pétrolière, voire le réchauffement planétaire et les atteintes à la biodiversité, etc. Car d'après leurs conclusions, les réponses à ces enjeux majeurs comme la crise de l'énergie seraient en fin de compte directement liés à notre attitude à l'égard du sujet de l'intelligence « extraterrestre », c'est-à-dire à notre prise de conscience de son existence et de la dissimulation qui l'entoure.

L'urgence de 2012

En tout état de cause, l'examen des affirmations de ces témoins militaires privilégiés établit que l'on nous conditionne soigneusement à éprouver de la peur tout en nous familiarisant avec le sujet. L'ufologie a entamé avec cette campagne d'information ou de désinformation une grande mutation en devenant un enjeu « exopolitique » pour reprendre le terme inventé par Michael Salla et Alfred Webre, les créateurs de l'association américaine Exopolitics Institute, qui envisage la question extraterrestre en termes d'enjeux géopolitiques, diplomatiques et militaires (voir l'Interview de Michael Salla). Il y a donc du changement dans l'air. Cette évolution est significative d'une urgence : la majorité de ces témoins se font souvent les vecteurs d'un message d'alerte qui presse l'humanité à changer avant que les événements ne l'y poussent et qui recoupe souvent dans les milieux « new age » le rappel prophétique de la date fatidique à laquelle cesse le fameux calendrier maya : 2012.

Liberté d'expression suspecte

De deux choses l'une : soit ces témoins privilégiés sont dans leur grande majorité des désinformateurs conscients dont les révélations arrangent le pouvoir qu'ils dénoncent ; soit ils sont eux-mêmes manipulés. En tout état de cause, le fait qu'ils soient laissés libres de s'exprimer, malgré leur serment de confidentialité, signifie qu'une organisation très puissante est en train de lancer une importante campagne de manipulation de l'opinion publique en vue de créer un rideau de fumée. Cette campagne de dissimulation semble destinée à camoufler une réalité encore plus difficile à concevoir que la vraie-fausse information employée comme paravent. Afin d'éviter de tomber dans un panneau, digne successeur des manipulations qui décidèrent de la majorité des conflits armés de ce dernier siècle, ou des actuelles guerres d'Afghanistan et d'Irak, le phénomène des whistleblowers mérite qu'on y consacre du temps et des efforts.

Témoins métamorphosés

Drôle de terme anglais que ce mot « whistleblowers ». Derrière cette expression, il y a une double notion, celle de faire du bruit (whistle signifie littéralement « siffler »), de briser la tranquillité d'une situation mais aussi de dénoncer et de révéler quelque chose de sordide. Dans le dictionnaire anglais « Collins », ce terme désigne quelqu'un qui travaille dans une institution ou dans un groupe et qui désire dénoncer une situation allant à l'encontre de son éthique. Cette appellation retenue par les ufologues américains désigne littéralement « les dénonciateurs », ceux qui vendent la mèche, qui révèlent le pot aux roses, qui en savent trop et qui, bien souvent, en disent trop et pas assez. Nous pourrions tout simplement les appeler « témoins de l'ombre », mais dans le cas présent, nous préférons l'expression « témoins privilégiés » plus proche de la situation, puisqu'il s'agit de personnes ayant été employées comme civil ou militaire dans le cadre d'un programme « Top Secret » et qui ont le plus souvent signé un accord de confidentialité pour une période donnée, parfois pour toute leur existence. Ils ont été confrontés au « fait extraterrestre » de multiples façons, dont la consultation d'un dossier « Top Secret ». Ou bien, ils se sont retrouvés face à un extraterrestre, un vaisseau spatial et cette expérience les a transformés à tel point qu'ils ne peuvent conserver le silence. De fait, l'exposition au « fait extraterrestre » agirait comme un « choc ontologique », opérant chez l'individu une métamorphose au niveau de plus intime. Le mobile qui les pousse à parler est souvent le même : l'humanité traverse une crise d'une gravité sans précédent et la révélation au grand public du fait extraterrestre et des technologies qui y sont apparentées pourrait changer la donne. Pour ces témoins, il est urgent de briser le carcan des croyances et des dogmes, que ces derniers soient religieux ou scientifiques dans lesquels l'homme est volontairement enfermé par une minorité au pouvoir. Enfin, certains ont une arrière-pensée pacifique à l'égard des extraterrestres et entrevoient que le gouvernement occulte puisse un jour brandir ouvertement une fausse « menace extraterrestre » pour lancer un vaste programme de militarisation de l'espace.

L'ufologie française traîne les pieds

Pourtant, en Europe, et plus particulièrement au pays de Descartes, on a tendance, à tort ou à raison, à ignorer l'existence de ces témoins et la teneur de leurs révélations. Tout donne à penser qu'une partie des ufologues français refuse de voir cette évolution déterminante qui projette sur le sujet un éclairage et un crédit nouveaux. Il existe une sorte de spécificité, d'exception culturelle française à vouloir demeurer dans l'analyse de la réalité observable du type « je crois ce que je vois ». En effet, en France, nous en restons à tenter d'ordonner, classer, ranger en catégories, analyser les preuves des apparitions de plus en plus nombreuses d'ovnis dans l'espace aérien.

Toutefois, si l'on en croit une récente déclaration de Jacques Patenet, directeur du Geipan (CNES), les choses pourraient rapidement évoluer :
« Ce que nous pouvons affirmer aujourd'hui avec certitude, c'est que le survol du territoire par des objet d'origine inconnue est une réalité. Il faut absolument que les scientifiques acceptent de sortir le dossier ovni du paranormal. C'est un sujet d'étude comme un autre. Au Geipan, nous récoltons régulièrement des observations avec des faits tangibles, des témoins de bonne foi, et nous essayons d'expliquer ce qui s'est passé. Mais dans l'hypothèse où nous n'y parvenons pas, nous voudrions pouvoir interpeller les scientifiques et mettre à leur disposition nos rapports d'enquête afin qu'ils les étudient.»

Analyses de l'exception culturelle française

En France, il semble bien que l'ufologie, déjà tellement critiquée par les sceptiques, se refuse à aller au-delà de la collecte et l'analyse des informations portant sur les survols d'ovnis. Cette sorte d'exception française exclue de prendre en considération les éléments tirés des témoignages des whistleblowers au motif, comme le souligne Fabrice Bonvin dans son ouvrage "Ovnis, le secret des secrets" (JMG éditions, 2006) que ceux-ci n'apportent jamais de preuves matérielles de leurs dires. C'est un argument tout à fait respectable et compréhensible, mais qui nous mène à une impasse. Car à partir de quand jugera-t-on qu'une preuve matérielle est crédible, déterminante ou ne l'est pas ? Nous pourrons toujours refuser une preuve même si celle-ci prenait le visage d'un film montrant une flotte de vaisseaux se posant devant la Maison Blanche. Car tout peut être sujet à manipulations. La cassette de l'autopsie d'un extraterrestre de Ray Santilli était par exemple une vaste blague qui a fait beaucoup de dégâts. Personne n'a été en mesure de se prononcer sur le film muet très court baptisé "Alien Interview" montrant un extraterrestre gris encadré par une équipe médicale, en train de tenter de s'exprimer puis de faire un malaise. De plus en plus d'images très bien léchées d'ovnis (comme les faux ovnis sur une plage à Haïti) circulent sur le web et ne font qu'accentuer la frustration et le dépit.

Directeur de recherche au CNRS à la retraite, Jean- Pierre Petit se montre très critique à l'égard de ces témoins privilégiés :
« Cinquante ans de recueils de témoignages n'ont rien donné et cette stratégie ne mènera à rien dans l'avenir. Je pense que l'ufologie doit muter très vite et s'orienter vers des études réellement scientifiques... Il nous faut des études des spectres d'ovnis (spectroscopie), des expériences. Or sur ce terrain-là, le monde ufologique est extrêmement passif. Quand les ufologues se tourneront-ils enfin vers le concret, le scientifique au lieu de rêvasser sur des rumeurs lors de dîners ufologiques ? »
Selon Petit, les propos de ces témoins ne sont que manipulations dans la mesure où ces militaires évoquent souvent l'existence d'engins à antigravité. Et comme l'antigravitation est un non-sens scientifique aux yeux de Jean-Pierre Petit, le contenu des témoignages rassemblés par Greer et d'autres est par conséquent plus que douteux pour l'intéressé.

A propos de « preuves matérielles », citons encore la fameuse affaire du « drone Caret », une soi-disant technologie extraterrestre récupérée par une firme dépendante de la Nasa dont des photos circulent sur le Web. Voici ce que nous en dit le journaliste et animateur français de la radio « Ici et Maintenant » Didier de Plaige, qui étudie attentivement le phénomène :
« Si ce n'est pas ce qu'on nous raconte (une rétro-conception d'engins à partir de matériels "aliens"), je pense qu'un département du Pentagone pourrait avoir essayé de tester sa capacité à produire des documents crédibles (un rapport, des témoignages, et de nombreuses images) en vue de perfectionner ses moyens d'intoxiquer un camp adverse dans n'importe quel autre domaine : avec l'exemple des drones, les manipulateurs se perfectionneront en observant les analyses des ufologues et des sceptiques, regroupés dans des forums de chercheurs. C'est aussi l'objectif de certains services de produire en permanence des faux pour entretenir le doute quant aux "vraies fuites". »
À propos de l'attitude française, de Plaige renchérit :
« La frilosité, le manque d'audace des Français me surprend en permanence. Une pensée dominante s'impose toujours dans ce pays, qui paralyse les journalistes des grands médias, lesquels sont largement contrôlés par des marchands d'armes... Les témoins craignent d'être lâchés, trahis, poursuivis. Aux États-Unis, le sergent-major Robert Dean n'a pas craint de renier son serment de réserve pour parler des "aliens", en considérant l'intérêt supérieur du peuple. Avec lui, quatre cent cinquante autres témoins ont rejoint le Dr Steven Greer et son Disclosure Project.
Mais en France, un commandant de vaisseau osera à peine raconter à sa propre famille qu'il a observé un immense objet surgir devant son bâtiment.
Il n'est même pas certain qu'il parle sur son lit de mort, tant la pression est forte : il ne supporterait pas que son nom et sa famille soient déconsidérés par l'institution et ses anciens camarades. Les informateurs craignent toutes sortes de représailles, et protègent leurs sources. »

De son côté, l'ufologue Jacques Vallée s'est permis récemment, depuis la Californie, et en anglais sur "Coast to Coast", de contester les propos lénifiants des autorités françaises suite à la mise en ligne des archives ovnis du CNES :
« Je suis particulièrement bien informé pour vous dire que les Français ont mis de côté certaines affaires. Le lendemain d'une observation, les militaires ont débarqué, avec tout le matériel d'analyses qu'on puisse imaginer... Ensuite, vous ne retrouverez jamais la trace de cette enquête. Même chose aux États-Unis, au Brésil... Le plus souvent ce sont des cas de "rencontres rapprochées", avec des empreintes au sol, parfois du matériel est récupéré. Ces cas devraient être montrés aux scientifiques. Ça changerait leur opinion. »
Vallée poursuit :
« L'info passe des militaires aux politiques, et pour les politiciens, il n'y a rien à gagner à révéler aux populations ce qui pourrait leur causer une préoccupation supplémentaire. J'estime stupide le prétexte de préserver les gens d'une éventuelle panique, ils sont bien plus mûrs que ça. » Cependant, il reconnaît qu'il ne suffit pas pour un gouvernement de disposer de preuves pour avoir une vision globale de la situation :
« On voit le Soleil tous les jours au-dessus de nos têtes, et il y a plein de choses qu'on ignore sur son fonctionnement. Ou encore, c'est comme si on donnait une puce d'ordinateur à un homme du XVIème siècle... »

Ceux qui appellent à une révélation officielle sont des « abductés » ou des « contactés »

Concernant le volet des « enlèvements extraterrestres », la journaliste Paola Harris, se fondant sur une constatation de feu le Dr John Mack conclut que le phénomène s'essouffle ces dernières années. Comme si les kidnappeurs avaient changé leurs plans ou avaient atteint leurs objectifs. Les enlevés se métamorphosent, ou sont remplacés par les « contactés ». Pour le meilleur ou pour le pire, on ne compte plus le nombre de ces personnes affirmant servir de médium pour transmettre une information de nature quasi prophétique ou messianique provenant de races extraterrestres. Par ailleurs, la plupart des whistleblowers et de leurs relais s'avèrent être soit des enlevés, soit des contactés, une donnée parfois gênante pour leur crédibilité. En effet, le Dr Greer, l'un des représentants les plus médiatisés de ces témoins privilégiés, a mis beaucoup de temps à révéler qu'il était lui-même un contacté et qu'il avait mis au point un protocole pour entrer en communication télépathique avec des extraterrestres dans le cadre du CSETI (Center for the Study of Extraterrestrial Intelligence). Et lorsque l'on interroge certains de ces militaires, ils avouent, comme le sergent-major Robert Dean, avoir fait l'objet d'un contact consenti ou bien de plusieurs épisodes d'abductions. Ce genre de détails dans la biographie des témoins a l'art d'énerver les ufologues européens, plus particulièrement les Français, qui sont souvent très réticents face aux expériences paranormales subjectives.

Opinion préparée et modelée

Une autre constatation incontournable émerge de ce phénomène : le sujet « extraterrestre » fait de plus en plus souvent partie intégrante de la culture « moyenne » de ceux qui s'intéressent au conspirationisme. Que l'on soit pro-ET (comme Steven Greer) ou anti-ET (comme Karla Turner qui s'intéresse aux abductions), on ne se pose d'ailleurs plus vraiment la question de la plausibilité de leur existence. Par contre, les débats font rage entre ceux qui affirment que les extraterrestres seront les sauveurs d'une humanité en perdition et ceux qui voient dans les enlèvements et l'alliance entre les Gris et des unités militaires occultes la preuve que les "aliens" sont la menace numéro Un à laquelle nous devons faire face. Quant à l'opinion publique au sens large, si elle accueille avec un scepticisme de bon ton les sujets relatifs au conspirationisme et au phénomène extraterrestre, son « sens commun » a déjà été soigneusement préparé et modelé par les innombrables séries et films - de Taken à X-Files en passant par Independance Day, Men in Black ou Alien - pour ne pas se sentir trop dépaysé ou déconcerté si un jour, les média en venaient à faire « la Une » avec la menace extraterrestre. Et derrière tout cela, se profile l'instrumentalisation de la peur. Car les scénarii qui nous sont proposés sont tous aussi terrifiants les uns que les autres.

Un déluge de témoins privilégiés

Il ne se passe pas un mois sans qu'un de ces témoins ne débarque avec un nouveau dossier, une information détonante ou même qu'un nouveau groupe n'émerge du chaos apparent de l'ufologie. Obligatoirement, tous les sujets, tous les enjeux se mêlent puisqu'il est tour à tour question d'énergie libre, de guerres entre militaires et extraterrestres, de militarisation de l'espace, d'origine extraterrestre de l'être humain, de religions, de complots néofascistes visant à asseoir une dictature militaro-religieuse sur la planète, une nouvelle théocratie. Il est aussi de plus en plus question de la venue d'un énorme changement, peut-être même d'une catastrophe planétaire, un scénario qui est imbriqué dans un autre, celui de l'existence de plusieurs lignes temporelles ou destinées pour notre planète.

C'est une évidence : ces témoins, qu'ils soient de bonne volonté ou malhonnêtes, proviennent de milieux socioprofessionnels où la désinformation est un outil de pouvoir : les domaines militaires, du renseignement ou de l'industrie de pointe. De l'aveu même de certains d'entre eux, il faut se méfier de leurs informations dans la mesure où ils ont pu faire eux-mêmes l'objet d'une manipulation. Il ne faut donc pas prendre tout ce qui est dit au pied de la lettre. D'autant plus que l'information est très compartimentée dans le domaine militaire ou industriel ; aucun de ces témoins ne possèdent une vision d'ensemble. Vous le constaterez de l'aveu même des personnes que nous avons interrogées. Que cela soit le sergent-major Robert Dean ou bien Bill Ryan, fondateur du Project Camelot, une autre association de témoins privilégiés, ils affirment tous être de bonne foi et ne révéler que ce qu'on leur a laissé voir. Ils ont donc pu être le jouet, eux aussi, d'une mise en scène ou d'une manipulation.

Bob Lazar ouvre la brèche

Robert Scott Lazar, mieux connu sous le nom de Bob Lazar, est l'un des premiers témoins privilégiés. Il a émergé « anonymement » sous le pseudonyme de « Dennis » en mai 1989 sur un plateau de télévision et a poursuivi sa carrière de témoin au début des années 90. Dès octobre 1989, il apparaît face à la caméra sous son vrai nom pour relater son histoire sur une chaîne affiliée à CBS, affirmant avoir travaillé en 1982 comme expert dans le domaine de la propulsion pour le sinistre physicien Edward Teller et pour le "Los Alamos National Laboratory". Envoyé sur la célèbre base militaire de l'Aire 51 en plein milieu du désert du Nevada, à proximité de Las Vegas, il déclare avoir été emmené dans un hangar et y avoir observé de près l'un des disques volants d'origine extraterrestre en possession des militaires. Son séjour sur S-4/Aire 51 se serait déroulé de décembre 1988 à avril 1989. Malheureusement pour lui, une enquête sur ses accréditations mettra en évidence des failles dans son récit alors que toutes traces de son passage dans les arcanes de l'administration se trouveront effacées, semble-t-il par l'armée. Des poursuites pour proxénétisme et escroqueries ne contribueront pas à améliorer son image de marque. Avant Lazar, l'idée que des extraterrestres vivaient sur l'Aire 51 avait déjà été véhiculée par deux autres whistleblowers anonymes, « Falcon » et « Condor », dans le cadre d'un documentaire TV, "UFO Cover-Up Live", diffusé en 1988.

Lazar est le premier à avoir évoqué, au début des années 90, le fameux programme « Looking Glass », une technologie permettant de « voir dans le passé », que l'on retrouve au coeur des affirmations ébouriffantes de deux whistleblowers plus récents : Dan Burisch et Henry Deacon (pseudonyme) qui témoignèrent tout récemment dans le cadre du Project Camelot dirigé par Bill Ryan (voir l'Interview de Bill Ryan) et Kerry Cassidy. Lazar révèle aussi que les disques en possession des militaires ne sont pas tous des engins accidentés. « Je pense que nous avons obtenu ces vaisseaux plutôt par des alliances que par des récupérations après des crashs, par le vol ou quoi que ce soit d'autre », affirmait-il au journaliste et auteur Jim Marss ("Alien Agenda", Harper Collins, 1997).

Le colonel Philip Corso

L'autre whistleblower qui a le plus labouré le paysage médiatique américain est le colonel Philip J. Corso, mort le 16 juillet 1998, qui a choisi de révéler une partie de ses informations sur l'intrusion extraterrestre dans son best seller "The Day After Roswell". Ici, il ne s'agit ni d'un témoin anonyme, ni d'un civil, mais bien d'un militaire haut gradé ayant occupé une position-clé au Pentagone dans le département « Reverse Technology - Technologie inverse ». En théorie, ce département s'occupait de démonter, analyser et reproduire les technologies ennemies récupérées par l'armée, à commencer bien entendu par les Migs soviétiques ou les chars de combat. Mais l'histoire devient bien plus étonnante lorsque Corso affirme que son département s'occupait surtout de démonter les disques volants extraterrestres et de redistribuer les technologies et les pièces détachées dont le fonctionnement avait été compris vers les grandes firmes d'armements et le monde des « Black Projects ». Corso nous apprend que non seulement une grande partie de nos progrès technologiques comme la fibre optique ou la puce électronique provient de ces études sur des vaisseaux accidentés, mais que l'on a retrouvé, lors de certains de ces crashs, des extraterrestres dont certains avaient réchappé.

En fait, Corso a ouvert la voie à un nombre croissant de témoins militaires. Certains relatent des faits très impressionnants, d'autres des histoires plus banales ou anecdotiques. La plupart se rassemblent sous la bannière d'un étonnant médecin urgentiste, le Dr Steven Greer (Disclosure Project). Le but de Greer est d'obtenir une protection juridique pour ces témoins ayant signé une convention de non-divulgation ou participé à des projets peu éthiques susceptibles de leur valoir des poursuites pénales. Cette peur d'être poursuivi constituerait, selon Greer, l'un des principaux freins à l'afflux de témoignages.

Que risque un whistleblower ?

Il existe plusieurs formules d'accord de confidentialité ou de non-divulgation (Non Disclosure Act) selon le niveau de secret et l'institution militaire (Air Force, Navy, Us Army, DOD etc.) ou civile (industrielle).

De toute évidence, en signant cet accord, la personne laisse le champ libre à l'administration militaire ou civile de la poursuivre aussi bien sur le plan administratif, disciplinaire, civil ou pénal ("criminal action") prévus par « les lois, règlements et directives applicables à la catégorie d'information impliquée ». Donc, les témoins sont non seulement passibles de poursuites pénales de type criminel qui pourront les mener à de longs séjours en prison pour atteinte à la sécurité nationale, mais ils seront en même temps poursuivis dans le cadre de sanctions administratives, sans compter les demandes en dommages et intérêts sur le plan civil que l'État ou l'institution lésée peuvent réclamer. Bref, ils risquent gros à parler et l'on comprend mieux pourquoi le Dr Steven Greer cherche à obtenir du gouvernement la possibilité que ces témoins puissent déposer devant le Congrès, seule institution qui pourrait légalement les délier de leurs serments de confidentialité.

Par contre, il est temps de tordre le cou à une rumeur selon laquelle une loi fédérale interdit tout contact entre un citoyen américain et un vaisseau ou une entité extraterrestre. Cette rumeur est née d'une interprétation très extensive d'une loi du Code fédéral de régulations de l'aviation et de l'espace de la Nasa. Pour être précis, il s'agit du titre 14, chapitre V, section 1211 datant de 1969 et qui réglemente les missions lunaires. Le but était de protéger la Terre de toute contamination pouvant survenir à partir des échantillons (essentiellement des pierres) que les astronautes devaient ramener de leurs missions. Ne sachant pas si les astronautes, les vaisseaux et les cargaisons s'exposaient à une contamination dangereuse après la rentrée en atmosphère de la mission, la Nasa a été contrainte d'édicter ce type de lois. De plus, cette section 1211 a été retirée du code de régulations en 1991. Enfin, cette loi s'appliquait aux astronautes et au personnel de la Nasa et non aux citoyens américains. Rien n'interdit donc les contacts entre extraterrestres et citoyens américains dans la mesure où le gouvernement américain ne reconnaît officiellement en aucune manière l'existence des extraterrestres ou des soucoupes volantes.

Une brève histoire du « Disclosure Project »

Le Dr Steven Greer, ancien médecin d'un grand hôpital américain, poursuit depuis près de quinze ans, avec un certain succès, cette aventure apparemment extravagante. Aujourd'hui, l'homme pèse lourd. Il a réussi à rassembler autour de lui plus de quatre cents témoins militaires, scientifiques, membres des services de renseignement qui content à visage découvert ce qu'ils ont vécu lors de leur participation aux programmes secrètement menés au sein d'officines occultes, d'unités militaires protégées, de discrets départements de recherche de l'industrie de l'armement. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ces témoins nous révèlent un ordre des choses et du monde qui n'a aucun rapport avec la version officielle. À première vue, Steven Greer n'a pas de lien avec le monde du renseignement, de la hiérarchie militaire, des sociétés d'armement et plus largement, de l'arène politique de Washington. L'intéressé se pose d'ailleurs encore aujourd'hui la question de savoir comment il a pu se retrouver à la tête d'un programme qui rassemble les témoignages de personnages issus essentiellement d'un monde auquel il est étranger.

C'est en 1993 que Greer entame sa quête pour identifier et rassembler des témoins militaires ou gouvernementaux de première main ayant été exposés « à des projets ou des événements en rapport avec les ovnis ». Et, très curieusement, on lui permet à l'époque de rencontrer plusieurs membres de l'administration Clinton ainsi que James Woolsey, le directeur de la CIA...

Par la suite, Greer croisera un nombre croissant de personnes proches du pouvoir, des militaires haut gradé, des gens comme Laurence Rockefeller, un membre du conseil d'administration de Morgan Stanley, etc. Une proximité avec des cercles de pouvoir qui le rend suspect aux yeux de certains. Greer répond que les cercles du pouvoir ne sont pas monolithiques, mais qu'il y a bel et bien des divisions, et que certains veulent la fin du « cover-up », c'est-à-dire de la dissimulation du fait extraterrestre.

Contre la militarisation de l'espace

Tout le travail de Greer, tous ces témoignages visent un but : montrer que les extraterrestres ne sont pas une menace et qu'au contraire, ils incarnent peut-être une porte de sortie pour l'humanité si nous cessons de les percevoir comme des adversaires. Pour Greer, ce ne sont pas les "aliens" qui enlèvent les gens, mais les militaires.

Il souligne que la menace numéro Un à laquelle l'humanité doit faire face n'est pas incarnée par l'une ou l'autre race extraterrestre, mais par le lobby militaro-industriel, premier protagoniste du pouvoir politique. Ce lobby aurait en tête une opération de longue haleine visant un simulacre d'invasion extraterrestre destiné à provoquer une unification militaire du monde et le déploiement d'armes dans l'espace. Greer est donc clairement « pro-extraterrestre » si cette affirmation signifie encore quelque chose dans ce domaine. Ce qui le distingue, nous le verrons, de nombreux whistleblowers qui, après avoir été confrontés à l'une ou l'autre espèce, sont nettement moins enthousiastes que l'ancien urgentiste. Pour eux, ces extraterrestres ne sont aucunement nos futurs sauveurs. Et par essence et en toute logique, toute espèce qui se présenterait pour soi-disant nous sauver devrait être considérée avec la plus grande circonspection.

Qu'elle émane de l'un ou l'autre camp, l'interprétation de l'intention des extraterrestres à notre égard relève d'un anthropocentrisme bien naturel qui voudrait qu'il n'existe qu'une « aliénité », comme il n'existe qu'une humanité. Là encore, il va falloir revoir nos fondamentaux...

Notes

1) Révélations, Tomes 1 et 2 , Éditions Nouvelle Terre, 2004.

2) Les archives du Groupement d'Étude et d'Information des Phénomènes Aériens Non expliqués du Centre National d'Études Spatiales chiffre à 13 % la proportion de phénomènes ovnis parmi les trois mille cas d'observations répertoriés depuis trente ans.

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