Le livre des sagesses/Le constat initial/Dîwân, Rûmî

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« LIBÉREZ-VOUS
DE VOS CAGES »
Jalâl al-Dîn Rûmî, Dîwân e Shams e Tabrîzî
Oiseaux ! Vous êtes du ciel ! Libérez-vous de vos cages,
Levez la tête, dégagez votre face et dites où vous êtes maintenant.

Votre barque, cassée, est en dérive sur cette eau.
Devenez poisson, nagez et puis envolez-vous hors de l'eau.

Le moule se brise, l'ami est accessible ;
Le piège disparaît, dégagez-vous des rets du filet.

Vous êtes vous-mêmes les bûches du feu qui vous consume ;
Éteignez cette flamme et vous verrez que vous êtes Lumière de Dieu.

Vous êtes fanés car le vent céleste vous est devenu souffle de peste ;
Devenez libres et ressentez de nouveau la fraîche brise de l'aube.

Sachez percevoir les réponses de votre âme dans toute parole,
Même si votre bouche ne s'ouvre point.

Combien de bonheurs avez-vous écrasé dans le mortier de votre existence ?
Faites-en maintenant du kohl et embellissez vos regards.

Vous étiez morts lorsque vous êtes nés,
Mourez et naissez une seconde fois en amour. Naissez ! Naissez !

Que vous naissiez hindou ou turc, peu importe !
Naissez en amour, Le jour se lève lorsque vous rejetez votre voile.

Si, comme moi, vous devenez dignes de Shams de Tabrîz,
Alors vous serez roi, le Jour de la Résurrection.

Pour Jalâl al-Dîn Rûmî la séparation est la marque de la tragédie humaine : la perte de l'union originelle avec la Source, la chute, la conscience de la chute et la douleur de la perte. C'est la raison pour laquelle, pour le grand mystique, seul l'amour peut sauver homme en comblant l'espace de la séparation. La souffrance d'amour devient ainsi le lien qui unit l'amant à l'aimé ; elle est le creuset du salut où le cuivre de l'être de l'amant se transmue en or de l'être de l'aimé. Et qui est cet aimé ? Dieu ou Shams de Tabrîz ? La question est peut-être mal posée. Pour Rûmî, Dieu n'existe qu'à travers Shams, son maître et son amour. On connaît les célèbres premiers vers du Mathnawî, la plainte de la flute de roseau chantant sa douleur d'être coupée nawî. (La Quête de l'Absolu, traduction Eva de Vitray-Meyerovitch et Djamshid Mortazavi, Monaco, Éditions du Rocher, 1990) Les vers traduits ici offrent une autre variation de cette notion centrale de la mystique du grand poète persan.
Mohammad Ali AMIR MOEZZI

Liens utiles :

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www.onelittleangel.com
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