Krishnamurti/Revue's/Vers une éducation nouvelle/Les Plumes de l'Aigle 05 Les objectifs de l'éducation nouvelle

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Les objectifs de l'éducation nouvelle
(Alice A. Bailey)

Article paru dans le n°5 (1995) de la revue "LES PLUMES DE L'AIGLE"
Dossier :Vers une éducation nouvelle



Message d'Abul Beka | Les voies nouvelles de l'éducation (Maria Montessori) | La compétition dans l'éducation (Krishnamurti) | A la lumière de la science spirituelle (Rudolf Steiner) | Les objectifs de l'éducation nouvelle (Alice A. Bailey) | Et si on changeait aussi la société ?


Alice A. Bailey eut un premier contact avec le maître tibétain Djwhal Khul en Californie, le 19 novembre 1919. Il lui demanda de rédiger et de faire publier des ouvrages devant révéler à l'humanité de nouvelles vérités. Pendant trente ans, elle travailla avec le tibétain à l'œuvre de transcription de 24 ouvrages révélateurs du plus profond et du plus pur ésotérisme. Elle mourut en décembre 1949, un mois après avoir terminé ce travail. Le texte suivant est extrait de l'ouvrage</div



Vers une éducation nouvelle
L'ÉDUCATION, JUSQU'ICI, ÉTAIT L'ART DE synthétiser l'histoire du passé, les résultats obtenus dans tous les domaines de la pensée humaine, et d'indiquer le point atteint, à l'époque, par la connaissance humaine. Elle traitait des formes de science que le passé avait produites. Elle regardait principalement vers l'arrière et non vers l'avant. Je souhaite vous rappeler ici que je parle de façon générale, et qu'il existe de nombreuses et notables exceptions à cette attitude, quoique de faibles dimensions.

L'éducation s'est avant tout préoccupée d'organiser le mental inférieur ; la nature de l'enfant était largement évaluée selon sa réaction à l'information accumulée (en ce qui concernait l'éducation) aux données, collectionnées et recueillies, transmises en ordre successif, digérées et organisées en vue de la préparer à rivaliser avec l'information détenue par d'autres personnes.

Jusqu'ici, l'éducation a été surtout un entraînement de la mémoire, bien qu'actuellement on commence à reconnaître la nécessité de mettre fin à cette attitude. L'enfant doit assimiler les faits que la race considère comme vrais, qu'elles a mis à l'épreuve dans le passé et trouvés adéquats. Mais chaque vie a des normes différentes quant à ce qui est adéquat. L'ère des Poissons traitait des détails de l'effort fait pour être à la hauteur de l'idéal pressenti. C'est pourquoi l'histoire couvre la méthode par laquelle les tribus acquirent le statut national par l'agression, la guerre et la conquête. Cela indiquait la réussite raciale.

Elle est tout ce que j'ai indiqué ci-dessus, mais elle devrait aussi être beaucoup plus.

L'éducation a trois objectifs majeurs sous l'angle du développement humain.
L'éducation à d'autres objectifs que de rendre la vie agréable, et de permettre aux hommes d'acquérir une culture qui les rendra aptes à participer, avec intérêt, à tout ce qui survient dans les trois mondes des affaires humaines.
Premièrement, ainsi que beaucoup l'ont saisi, elle doit fairedel'homme un citoyen intelligent, un père plein de sagesse et une personnalité qui se domine. Elle doit lui permettre de jouer son rôle dans le travail mondial et le préparer à vivre avec ses voisins, de manière paisible, secourante et harmonieuse. Deuxièmement, de jeter un pont par-dessus l'ouverture séparant les divers aspects de sa nature mentale, et c'est là que je placerai l'accent principal des instructions que j'ai maintenant l'intention de vous donner.

Dans la philosophie ésotérique, comme vous le savez bien, on nous enseigne qu'il existe trois aspects du mental, ou de cette créature mentale que nous appelons l'homme. Ces trois aspects constituent la partie la plus importante de sa nature.

1. Son mental inférieur concret, principe du raisonnement. C'est de cet aspect de l'homme que nos méthodes d'éducation prétendent traiter.

2. Le Fils du Mental, que nous appelons Ego ou Âme. C'est le principe d'intelligence qui a de nombreuses appellations dans la littérature ésotérique, telles que Ange Solaire, Agnishvattas, principe christique, etc... Dans le passé, la religion prétendait s'occuper de ce principe.

3. Le mental supérieur abstrait, gardien des idées, qui apporte l'illumination au mental inférieur, après que le mental inférieur se soit mis en rapport avec l'âme. La philosophie a prétendu traiter de ce monde des idées. Nous pourrions nommer ces trois aspects :
Le mental réceptif, le mental dont s'occupent les psychologues.
Le mental individualisé, le Fils du mental.
Le mental de l'illumination, le mental supérieur.

Troisièmement, le hiatus entre le mental inférieur et l'âme doit être comblé. Assez curieusement, l'humanité l'a toujours compris et a donc employé les termes de "parvenir à l'unité", ou "réaliser l'unification", ou "atteindre l'alignement". Tous ces termes sont des tentatives d'expression de la vérité intuitivement comprise.

L'éducation, pendant l'âge nouveau, devra aussi s'occuper de combler l'ouverture entre les trois aspects de l'être mental : entre l'âme et le mental inférieur, ce qui produit l'unification entre l'âme et la personnalité ; entre le mental inférieur, l'âme et le mental supérieur. La race y est maintenant prête ; pour la première fois dans la carrière de l'humanité, le travail de construction du pont peut avancer sur une échelle relativement grande...

La vraie éducation est, en conséquence la science qui relie les parties intégrantes de l'homme, le reliant à son tour à son entourage immédiat, puis au grand tout dans lequel il a un rôle à jouer. Chaque aspect, envisagé en tant qu'aspect qui lui est directement supérieur. Dans cette phrase, j'ai exprimé une vérité fondamentale qui, non seulement comporte l'objectif, mais indique aussi le problème de tous ceux qui s'intéressent à l'éducation. Ce problème est d'évaluer correctement le centre, le point focal de l'attention de l'homme, et de noter où la conscience est principalement centrée. Puis il doit être instruit de telle manière que le transfert de ce point focal dans un véhicule supérieur devienne possible. Nous pouvons aussi exprimer cette idée d'une manière également vraie en disant que le véhicule, qui semble d'importance majeure, puisse et doive devenir d'importance secondaire, à mesure qu'il devient simplement l'instrument de celui qui lui est directement supérieur. Si le corps astral (émotionnel) est le centre de la vie de le personnalité, alors l'objectif éducative imposée au sujet sera de faire le corps mental le facteur dominant. Le corps astral devient alors le véhicule réceptif à l'impression des conditions environnantes auxquelles il est sensible, mais il est placé sous la domination du mental. Si le mental est le centre de l'attention de la personnalité, alors l'activité de l'âme doit être portée à une plus complète expression ; ainsi de suite, le travail se poursuit, le progrès s'effectuant de point en point, jusqu'à ce que le haut de l'échelle soit atteint...

La géographie s'est basée sur une réaction similaire à l'idée d'expansion et, par elle, l'enfant apprend comment les hommes, poussés par des nécessités économiques ou autres, ont conquis des territoires et absorbé des pays. Cela aussi a été considéré et à juste titre comme une réussite raciale. Les diverses branches de la science sont aussi considérées comme représentant la conquête de zones de territoires, ce qui, à nouveau, fut proclamé réussite raciale. Les conquêtes de la science, les conquêtes des nations et les conquêtes de territoires indiquent toutes la méthode piscéenne, avec son idéalisme, son caractère militant et séparatif dans tous les domaines, religieux, politique et économique. Mais l'âge de la synthèse de l'inclusivité et de la compréhension est imminent, et la nouvelle éducation de l'Ère du Verseau doit commencer à pénétrer l'aura humaine avec beaucoup de douceur.

L'éducation est plus que l'entraînement de la mémoire, plus que l'information de l'enfant quant au passé et à ses réalisations. Ces facteurs ont leur place, et le passé doit être étudié et compris, car il doit en découler ce qui est de nouveau, sa fleur et son fruit. L'éducation implique davantage que l'étude profonde d'une question et la formation de conclusions subséquentes, conduisant à des hypothèses qui, à leur tour, conduisent à davantage d'études et de conclusions. L'éducation est plus qu'un effort sincère pour préparer l'enfant ou l'adulte à être un bon citoyen, un père intelligent, et non une charge pour l'état. Elle a une application beaucoup plus large que de produire un être humain qui sera un atout commercial, et non une charge commerciale. L'éducation à d'autres objectifs que de rendre la vie agréable, et de permettre aux hommes d'acquérir une culture qui les rendra aptes à participer, avec intérêt, à tout ce qui survient dans les trois mondes des affaires humaines.

Ceux qui sont sur le rayon de l'enseignement apprendront à enseigner en enseignant. Il n'y a pas de méthode plus sûre pourvu qu'elle s'accompagne d'un amour profond, personnel et en même-temps impersonnel, vis-à-vis de ceux que l'on instruit. Pardessus tout, je vous demande expressément d'inculquer l'esprit de groupe, car c'est la première expression de l'amour vrai. Je souhaite aborder deux points seulement.

Tout d'abord, lorsqu'on enseigne a des enfants en-dessous de quatorze ans, il est nécessaire de se souvenir qu'ils sont localisés émotionnellement. Ils ont besoin de sentir avec justesse la beauté, la force et de sentir la sagesse. Il ne faut pas s'attendre à ce qu'ils raisonnent avant cet âge-là, même s'ils s'en montrent capables. Après quatorze et pendant l'adolescence, leur réaction mentale à la vérité devrait être mise à jour, et c'est sur elle qu'il faudra compter pour résoudre les problèmes présentés. Même si cette réaction n'existe pas, il faut faire un effort pour la susciter.

Deuxièmement, il faut tenter de situer approximativement l'enfant sur l'échelle de l'évolution, en étudiant son milieu, ses moyens physiques, la nature de son appareil réceptif avec ses nombreuses réactions et ses intérêts majeurs. Cette enquête établit un rapport subjectif avec l'enfant, qui est beaucoup plus puissant dans ses résultats que ne le seraient des mois et des mois de paroles employées vigoureusement à communiquer une idée. [...]
La vraie éducation est, en conséquence la science qui relie les parties intégrantes de l'homme, le reliant à son tour à son entourage immédiat, puis au grand tout dans lequel il a un rôle à jouer.
Nous avons , dans le monde, une théorie générale de l'éducation et certaines méthodes de base qui sont universellement employées.

L'application des méthodes varie beaucoup selon les pays et les systèmes différent considérablement. Tous, néanmoins, enseignent les mêmes données fondamentales ; ils enseignent aux enfants, dans chaque pays, à lire, à écrire et à parvenir à une mesure passable d'aptitude à se servir des chiffres, par l'enseignement de l'arithmétique élémentaire. Ces trois données sont curieusement symboliques de tout le développement évolutionnaire de la race.

La lecture consiste à revêtir les idées d'une forme et s'apparente au premier pas du processus créateur, où la Divinité, gouvernée et poussée par une idée (incarnant le dessein et le plan de Dieu), a converti cette idée en la substance désirée, et l'a revêtue de l'apparence extérieure nécessaire. L'écriture symbolise la méthode par laquelle le processus est poursuivi, mais elle est naturellement beaucoup plus personnelle dans ses implications. La lecture consiste essentiellement à comprendre une idée quelconque qui est "revêtue", tandis que l'écriture, assez curieusement, concerne la relation personnelle consciente de l'individu avec les idées ; l'emploi qu'il fait des mots en écrivant donne la mesure de ce qu'il peut saisir des idées universelles. L'arithmétique (avec la faculté d'ajouter, de soustraire et de multiplier) est aussi liée au processus créateur et concerne la production, sur le plan physique, des formes qui représenteront l'idée de manière adéquate, et l'amèneront à se manifester.

On pourrait envisager la vision comme concernant les niveaux supérieurs du plan mental, où l'idée peut être sentie et vue. L'écriture a une relation plus précise avec les niveaux concrets du plan mental et avec l'aptitude de l'homme à faire passer et à exprimer les idées visualisées dans une forme qui lui soit propre. L'arithmétique a une nette relation avec les aspects ultérieurs du processus et avec l'apparition de l'idée sur le plan physique, sous quelque forme corrélative. La vision de la forme-pensée est un processus qui doit être suivi de l'appropriation, par l'idée, d'autant d'énergie qu'il en faudra pour la rendre effective ou "apparente" (en termes ésotériques). Le symbolisme de l'arithmétique est l'expression de tout cela.

Sous un angle différent, l'homme lit sa destinée dans les deux et lisait cette destinée dans sa vie sur terre. Il réduit, qu'il le sache ou non, l'idée de son âme à une forme nécessaire et appropriée, de sorte que chaque vie ajoute, soustrait et multiplie, jusqu'à ce que la totalité de l'expérience de chaque âme soit atteinte. Donc, symboliquement, les trois idées de base sont contenues dans l'éducation élémentaire, bien que leur véritable sens soit séparé de la réalité et que la juste signification soit complètement perdue. Néanmoins, tout ce qui émerge lentement et réellement par le moyen de l'éducation mondiale est construit sur cette charpente ignorée. Aujourd'hui, le monde de l'éducation se trouve placé devant la nécessité fondamentale de relier le processus de développement du mental humain au monde des causes, et non au monde des phénomènes objectifs. Tant que le but de l'éducation ne sera pas d'orienter l'homme vers le monde intérieur des réalités, l'accent continuera à être mal placé, comme au temps présent. Tant que nous n'arriverons pas, dans nos objectifs d'éducation, à faire un pont sur l'ouverture existant entre les trois aspects inférieurs de l'homme et l'âme (pont qui doit être construit sur les niveaux mentaux de la conscience), nous progresserons peu dans la bonne direction, et toutes les activités intérimaires seront inadaptées aux besoins modernes. Tant que le fait du mental supérieur ne sera pas reconnu, en tant que le rôle que devrait jouer le mental inférieur concret, comme serviteur du mental supérieur, ne sera pas reconnu lui non plus, nous constaterons un développement excessif de la faculté de matérialisation concrète — avec son aptitude à apprendre par cœur, à relier les faits et à produire ce qui satisfera le désir inférieur de l'homme — mais nous n'aurons pas une humanité qui pourra vraiment penser. Jusqu'ici, le mental reflète l'être inférieur de désir, et n'essaie pas de connaître l'être supérieur.
Nous avons , dans le monde, une théorie générale de l'éducation et certaines méthodes de base qui sont universellement employées.
Quand la méthode correcte d'instruction sera instaurée, le mental sera développé afin de devenir un réflecteur ou agent de l'âme, tellement sensibilisé au monde des vraies valeurs que la nature inférieure — émotionnelle, mentale, physique ou vitale — deviendra simplement un serviteur automatique de l'âme. L'âme fonctionnera alors sur terre par le moyen du mental, gouvernant ainsi son instrument, le mental inférieur. En même temps, néanmoins, le mental continuera à enregistrer et à refléter toute l'information qui lui arrive du monde des sens, du corps émotionnel, et il enregistrera aussi les pensées et les idées courantes de son entourage. Actuellement, c'est hélas vrai, le mental entraîné est considéré comme la plus haute expression dont l'humanité soit capable. l'homme est envisagé entièrement comme une personnalité, et l'on néglige complètement la possibilité qu'il existe quelque chose pouvant employer le mental, comme le mental, à son tour, emploie le cerveau physique. [...] L'éducation moderne commence à porter quelque attention à la nature du mental et aux lois de la pensée. Sous ce rapport, nous devons beaucoup à la psychologie et à la philosophie. On s'intéresse aussi de plus en plus à l'endocrinologie comme moyen matériel d'apporter des modifications, généralement chez les enfants déficients et chez les mongoloïdes. Néanmoins, tant que les éducateurs modernes n'auront pas commencé à admettre la possibilité d'unités centrales chez l'homme, sous-jacentes au mécanisme tangible et visible, et tant qu'ils n'admettront pas non plus la possibilité d'une centrale d'énergie derrière le mental, les progrès de l'éducation resteront relativement à un point mort ; l'enfant ne recevra pas l'enseignement initial ni les idées fondamentales qui lui permettraient de devenir un être humain intelligent, se dirigeant lui-même. La psychologie, qui met l'accent sur les trois aspects de l'homme — pensée, affectivité, et organisme corporel — a déjà apporté une contribution importante et fait beaucoup pour provoquer des changements radicaux dans nos systèmes d'éducation. Il reste beaucoup à faire. L'interprétation de l'homme en termes d'énergie, et le fait de saisir que sept types d'énergie le déterminent, lui et ses activités, en provoquant des changements immédiats.

Références

  • Education dans le nouvel âge (Editions Lucy Trust)

Du même auteur :

  • Astrologie ésotérique
  • Les problèmes de l'humanité
  • "Réfléchissez-y"

Voir aussi

Catégorie : Personnalités (Alice A. Bailey)
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