Krishnamurti/Revue's/Vers une éducation nouvelle/Les Plumes de l'Aigle 02 Les voies nouvelles de l'éducation
Les voies nouvelles de l'éducation
(Maria Montessori)
Article paru dans le n°5 (1995) de la revue "LES PLUMES DE L'AIGLE"
Dossier : Vers une éducation nouvelle
Message d'Abul Beka | Les voies nouvelles de l'éducation (Maria Montessori) | La compétition dans l'éducation (Krishnamurti) | A la lumière de la science spirituelle (Rudolf Steiner) | Les objectifs de l'éducation nouvelle (Alice A. Bailey) | Et si on changeait aussi la société ?
L'ambiance de l'adulte n'est pas faite pour l'enfant ; elle est composée d'obstacles au travers desquels celui-ci développe des défenses, des déformations, et dans laquelle il est victime de suggestions. Comme c'est sur l'apparence extérieure de l'enfant que sa psychologie a été étudiée et qu'ont été jugés ses caractères, cette science est à réviser radicalement. Nous avons constaté que, sous chacune des réponses qui nous surprennent chez lui, se trouve une énigme à déchiffrer ; chacun de ses caprices est dû à une cause profonde ; on ne peut plus les interpréter comme un heurt superficiel ; c'est l'explosion d'un caractère supérieur, essentiel, qui cherche à se manifester.
Il est évident que tous ces camouflages masquent l'âme véritable de l'enfant, cachée derrière les efforts qu'il soutient pour réaliser sa vie ; ses caprices, ses luttes, ses déformations ne peuvent donner l'idée d'une personnalité. Ils ne représentent qu'une somme de caractères. Il doit pourtant exister une personnalité ; cet embryon spirituel qu'est l'enfant se développe suivant un plan. Un homme est caché, un enfant inconnu, un être vivant séquestré, qu'il faut libérer.
C'est le devoir le plus urgent de l'éducation ; et, dans ce sens, libérer, c'est connaître ; il s'agit donc de découvrir l'inconnu.
La différence essentielle entre les recherches psychanalytiques et cette psychologie de l'enfant ignoré consiste tout d'abord en ceci que le secret, dans le subconscient de l'adulte, reste emprisonné dans l'individu même. Il faut s'adresser à celui-ci pour l'aider à débrouiller un écheveau que des adaptations complexes, organisées au cours d'une longue existence, ont emmêlé. Le secret de l'enfant est, au contraire, à peine caché. C'est sur l'ambiance qu'il faut agir pour libérer ses manifestations ; l'enfant se trouve dans une période de création ; il suffit d'ouvrir la porte. Puisqu'il s'agit d'une énergie expansive, il n'y a aucune difficulté pour elle à s'extérioriser. En préparant un milieu adapté au développement vital, la manifestation psychique naturelle doit se produire spontanément, amenant la révélation du secret de l'enfant.
Si elle ne tient pas compte de ce principe, l'éducation ne peut que s'engager dans un labyrinthe sans issue.
La véritable éducation nouvelle consiste à aller tout d'abord à la découverte de l'enfant et à réaliser sa libération. C'est le problème de l'existence : il faut exister d'abord.
Vient ensuite le problème d'aide à apporter à l'enfant, et qui doit durer aussi longtemps que l'évolution de celui-ci.
Ces deux problèmes ont une base commune : l'ambiance, qui doit réduire les obstacles au minimum. C'est elle qui offre les moyens nécessaires au développement des activités.
L'adulte en fait partie, lui aussi ; il faut donc qu'il s'adapte : il faut, d'une part, qu'il ne soit pas un obstacle pour l'enfant ; d'autre part, qu'il ne se substitue pas à lui dans les différentes activités que celui-ci aura à satisfaire avant d'atteindre à la maturité.
Notre méthode d'éducation est caractérisée précisément par l'importance qu'elle attribue à l'ambiance.
La figure du maître a été une des innovations qui ont suscité le plus d'intérêt et le plus de discussions : de ce maître passif, qui fait tomber devant l'enfant l'obstacle de sa propre activité, de sa propre autorité, qui se satisfait de la voir agir et progresser tout seul, sans s'en attribuer le mérite.
Une autre caractéristique essentielle de notre méthode est le respect de la personnalité de l'enfant, à un degré encore jamais atteint.Des institutions particulières, qui s'appelèrent "Maisons des enfants", se sont créées sur ces trois principes essentiels.Ceux qui ont suivi ce mouvement d'éducation savent combien il a été, combien il est encore discuté. Ce qui a le plus surpris, c'est ce renversement entre l'adulte et l'enfant : le maître sans chaire, sans autorité, presque sans enseignement ; et l'enfant devenu le centre de l'activité, qui apprend tout seul, libre dans le choix de ses occupations et de ses mouvements. Quand on n'a pas parlé d'utopie, on a parlé d'exagération.
Par contre, l'autre concept, celui de l'ambiance matérielle adaptée aux proportions du corps enfantin, fut accueilli avec bienveillance. Ces pièces claires, lumineuses, aux croisées basses et fleuries, aux meubles petits, de toutes les formes, comme dans l'ameublement d'une maison moderne ; ces petits fauteuils et ces petites tables, ces tentures jolies, ces commodes basses a portée de la main de l'enfant qui y dépose les objets et prend dessus ce qu'il désire, tout cela a semblé une amélioration pratiquement importante dans la vie de l'enfant. Et je crois bien que beaucoup de "Maisons des enfants" conservent ce critère extérieur comme élément principal.
Aujourd'hui, après de longues recherches et de nombreuses expériences, nous avons le sentiment qu'il est nécessaire de parler de cette méthode et, surtout, d'en faire connaître les origines.
Ce serait une erreur de croire que l'idée d'admettre chez l'enfant une nature occulte ait donné naissance à une méthode d'éducation spéciale, puis à des écoles adaptées à cette méthode. Il n'est possible d'observer que ce que l'on connaît. Il est impossible d'attribuer, sur une simple intuition, deux natures à l'enfant, et d'essayer ensuite de les démontrer par expérience. L'inconnu doit surgir par sa propre énergie ; il n'y a pas plus incrédule que celui devant lequel il se présente. Et il faut que cet inconnu se présente avec ténacité, avant qu'il soit enfin reconnu et accueilli.
Mais avec quel enthousiasme, l'individu que vient frapper la lumière nouvelle la retient, en est ravi, y consacre sa vie ! C'est cet enthousiasme qui fait croire que celui qui en a été frappé l'a créé lui-même. Le plus difficile pour nous est de nous apercevoir, puis de nous persuader de la réalité d'une découverte. C'est précisément devant ce qui est nouveau que se ferment les portes de notre perception. Le champ de l'esprit est comme un salon distingue, interdit aux nouveaux venus ; pour y pénétrer, il faut être présenté par un habitué. Il faut que l'inconnu enfonce la porte fermée ou entre en sourdine. Alors, cet inconnu produit une surprise, un bouleversement dans le cénacle.
Quand Volta s'est aperçu que la fameuse araignée morte s'agitait, ce n'est pas sans émotion, ni du premier coup, qu'il fut persuadé de l'authenticité du phénomène. Il le retint pourtant, et l'électricité en naquit. Il suffit quelquefois d'un fait insignifiant pour ouvrir des horizons illimités ; l'homme est, par nature, un chercheur ; mais si ces faits insignifiants ne sont pas découverts, l'avance n'est pas possible.
En physique et en médecine, il faut acquérir de sérieuses certitudes sur un phénomène nouveau. Un phénomène nouveau, c'est la découverte initiale de faits inconnus, donc comme inexistants. Un fait en soi est toujours objectif ; il ne dépend pas d'une intuition. Pour démontrer l'existence d'un fait nouveau, il faut d'abord prouver que celui-ci existe en soi ; il faut donc l'isoler. Vient ensuite un second temps, celui où on étudie les conditions dans lesquelles se manifeste le phénomène, afin de chercher à le reproduire et à l'entretenir. Alors seulement, on peut étudier. La recherche doit être comme une antichambre ; c'est le moment de l'apparition. Ensuite, une autre forme d'étude est destinée à reproduire le phénomène, à le posséder, afin qu'il ne s'évapore pas en une vision, mais se transforme en une réalité, en une propriété maniable, par conséquent, en une valeur réelle.
La première "Maison des Enfants" offre l'exemple d'une découverte amenée par des faits insignifiants, ayant ouvert des voies illimitées.Le maître qui croirait pouvoir se préparer à sa mission uniquement par l'acquisition de connaissances, se tromperait : il doit, avant tout, créer en lui certaines dispositions d'ordre moral.Le point central de la question se rapporte à la façon dont on doit considérer l'enfant : point de vue qui ne peut être envisage de l'extérieur seulement, comme s'il s'agissait d'une connaissance théorique sur la façon de l'instruire ou de la corriger.
Il nous faut insister sur la nécessité pour le maître de se préparer intérieurement ; en s'étudiant lui-même avec une constance méthodique, il faut qu'il arrive à supprimer chez lui ces défauts qui feraient obstacle au traitement de l'enfant. Et pour découvrir ces défauts, logés désormais dans la conscience, il lui faut une aide extérieure, une "instruction". Il faut que quelqu'un nous indique ce que nous devons voir en nous.
C'est dans ce sens que nous dirons que le maître doit être "initié". Il se préoccupe beaucoup trop des "tendances méchantes de l'enfant", de "la façon de corriger les actes méchants de l'enfant", de "l'héritage du péché originel". Il devrait, au contraire, commencer par rechercher ses propres défauts, ses propres tendances au mal. "Enlève d'abord la poutre que tu as dans l'œil, et tu sauras ensuite enlever la paille qui est dans l'œil de l'enfant."
La préparation intérieure n'est pas une préparation générique. C'est tout autre chose que de "chercher sa propre perfection" comme l'entendent les religieux. Il n'est pas nécessaire, pour devenir des éducateurs, de devenir des êtres "parfaits, exempts de toute faiblesse". Une personne qui cherche constamment à élever sa propre vie intérieure peut rester inconsciente des défauts qui l'empêchent de comprendre l'enfant. Il est donc nécessaire que l'on nous enseigne et que nous nous laissions "guider", il nous faut nous éduquer, si nous voulons éduquer.
L'instruction que nous apportons aux maîtres consiste à leur indiquer l'état d'âme qui convient à leur tâche, un peu comme le médecin indique le mal qui menace l'organisme.
Et voici une aide concrète :
"Le péché mortel qui se dresse en nous et nous empêche de comprendre l'enfant, c'est la colère."
Et comme un péché ne se manifeste jamais seul, mais en entraîne d'autres, à la colère s'associe un nouveau péché d'apparence noble, mais qui n'en est que plus diabolique : l'orgueil.
Nos mauvaises tendances peuvent se corriger de deux façons : l'une, intérieure, et qui consiste dans la lutte de l'individu contre ses propres défauts clairement compris. L'autre a un caractère extérieur. C'est la résistance extérieure aux manifestations de nos mauvaises tendances. La réaction des formes extérieures est très importante. C'est le moyen qui révèle la présence des défauts moraux, le générateur de la réflexion. L'opinion du prochain vainc l'orgueil de l'individu ; les circonstances de la vie, l'avarice ; la réaction du fort, la colère ; la nécessité de travailler pour vivre, la paresse ; les conventions sociales, la luxure ; la difficulté d'obtenir le superflu, la prodigalité ; la nécessité de paraître digne, l'envie. Ces circonstances extérieures ne cessent d'être un avertissement continuel et salutaire. Les confrontations sociales servent de maintien de notre équilibre moral.
Nous ne cédons toutefois pas aux résistances sociales avec la même pureté que nous obéissons à Dieu. Si notre âme s'assujettit docilement à la nécessité de corriger de bonne volonté les erreurs que nous avons reconnues, elle accepte moins facilement le contrôle humiliant des autres. Nous nous sentons plus humiliés de devoir céder, que d'avoir commis une erreur. Quand il est nécessaire de freiner, une défense de notre dignité mondaine nous pousse à faire apparaître que nous avons choisi nous-mêmes l'inévitable. La petite simulation qui consiste à dire "je n'aime pas cela" des choses qu'on ne peut avoir est une habitude des plus répandues. Nous opposons cette petite simulation à la résistance et nous entrons ainsi dans la lutte, au lieu d'entrer dans une voie de perfection. Et comme, en toute lutte, l'homme sent vite le besoin de s'organiser, la cause individuelle se fortifie en une lutte collective. Ceux qui ont le même défaut tentent instinctivement de la protéger en cherchant la force dans l'union.
Nous masquons nos torts sous l'affirmation de devoirs hauts et essentiels ; c'est ainsi que, en temps de guerre, les engins de mort se dissimulent sous l'aspect de champs paisibles. Et plus faibles sont les forces extérieures qui réagissent contre nos défauts, plus commodément nous construisons nos camouflages défensifs.
Quand chacun de nous est attaqué dans ses propres défauts, nous voyons combien le mal est habile à s'insinuer pour se cacher à nous-mêmes. Ce n'est plus notre vie que nous défendons, mais nos torts, prompts à mettre le masque que nous avons appelé "nécessité", "devoir", "bien commun", etc. Et, peu à peu, nous nous convainquons de la vérité de ce que notre conscience savait être auparavant faux, et dont il est chaque jour plus difficile de se défaire.
Le maître et, en général, celui qui veut éduquer l'enfant, doit se "purger" de cet état d'erreur qui fausse sa position en face de lui. Le défaut fondamental, fait d'orgueil et de colère, doit se présenter à la conscience du maître dans sa vérité nue.La colère est en vérité le principal défaut, auquel l'orgueil offre le masque attrayant, la robe de dignité qui peut même réclamer le respect.Mais la colère est un des péchés qui se heurtent le plus facilement à la résistance du prochain. Aussi doit-on la comprimer, et l'homme qui subit l'humiliation de la garder cachée finit par avoir honte d'elle.
C'est un véritable soulagement pour nous que de nous trouver devant des êtres incapables de se défendre, incapables de nous comprendre, comme les enfants, qui croient tout ce que nous leur disons. Non seulement ils oublient les offenses, mais ils se sentent coupables de tout ce dont nous les accusons.
Il est bon que l'éducateur réfléchisse à fond sur les effets que détermine une telle situation dans la vie de l'enfant. Chez celui-ci, la raison seule n'a pas compris l'injustice ; mais tout son esprit la ressent, en est opprimé et comme déformé. Les réactions enfantines — timidité, mensonge, caprices, pleurs sans cause apparente, insomnie, peur excessive — représentent l'état inconscient de défense de l'enfant, dont l'intelligence n'arrive pas à déterminer la véritable raison dans ses rapports avec l'adulte.
La colère ne signifie pas la violence matérielle. De la rude impulsion primitive sont dérivées d'autres formes sous lesquelles l'homme psychologiquement raffiné masque et complique son état.
Dans sa forme la plus simple, la colère est une réaction à la résistance ouverte de l'enfant. Mais devant les obscures expressions de l'âme enfantine, la colère et l'orgueil s'interpénètrent pour former un état complexe, assumant cette forme précise, tranquille et respectable qui s'appelle la tyrannie.
La tyrannie est au-dessus de toute discussion ; elle place l'individu dans la forteresse inexpugnable de l'autorité reconnue. L'adulte domine l'enfant en vertu du droit naturel qu'il tient simplement du fait d'être adulte. Mettre ce droit en discussion équivaudrait à attaquer une forme établie et sacrée de souveraineté. Si, dans la communauté primitive, le tyran est le mandataire de Dieu, pour l'enfant, l'adulte est Dieu lui-même. Là-dessus, aucune discussion. Celui qui pourrait manquer à l'obéissance — l'enfant — n'a qu'à se taire. Il s'adapte à n'importe quoi, il croit n'importe quoi, et puis il oublie.
S'il lui arrive de manifester une défense, ce sera difficilement une riposte directe et intentionnelle à l'action de l'adulte. Ce sera plutôt une défense vitale de son intégrité psychique, ou une réaction inconsciente de son esprit opprimé.
Il n'y a qu'en grandissant qu'il apprendra a diriger sa réaction directement contre le tyran ; mais alors, l'adulte saura le vaincre dans un règlement de comptes avec des justifications encore plus complexes et tortueuses, en convainquant l'enfant que cette tyrannie est exercée pour son bien.
D'un côté, le respect ; de l'autre, le droit légitime à "l'offense" ; l'adulte a le droit de juger et de l'offenser, et il le fait sans égard pour sa sensibilité. L'adulte peut diriger ou supprimer à sa convenance les exigences de l'enfant. Les protestations de celui-ci seront considérées comme de l'insubordination, attitude dangereuse si on la tolère.
Voilà un modèle de gouvernement primitif dans lequel le sujet paie son tribut sans souffler mot. Il y eut des peuples qui croyaient que tout ce dont ils jouissaient était un don du souverain ; ainsi va le peuple des enfants qui croit tout devoir aux adultes. N'est-ce pas plutôt l'adulte qui le croit ? Il s'est désormais forgé le masque du créateur. Il croit, dans son orgueil, créer tout ce qui existe chez l'enfant. C'est lui qui le rend intelligent, bon et pieux ; qui lui confère les moyens d'entrer en relation avec son ambiance, avec les hommes, avec Dieu. Dure tâche ! Pour rendre le tableau complet, il nie qu'il exerce la tyrannie. Y eut-il jamais tyran qui confessa sacrifier ses sujets ?
La préparation que notre méthode exige du maître est l'examen de lui-même, le renoncement à la tyrannie. Il doit chasser de son cœur la vieille croûte de colère et d'orgueil ; s'humilier, se revêtir de charité : voilà les dispositions d'âme qu'il doit acquérir ; voilà le socle de la balance, le point d'appui indispensable à son équilibre. C'est en cela que réside la préparation intérieure : le point de départ et le point d'arrivée.
Cela ne veut pas dire qu'il doive approuver tous les actes de l'enfant, ni s'abstenir de juger celui-ci, ou qu'il ne doive rien faire pour développer son intelligence et ses sentiments ; bien au contraire ; il ne doit pas oublier que son devoir est d"'éduquer", d'être positivement le maître de l'enfant.
Il faut qu'il y ait un acte d'humilité : la suppression d'un préjudice qui a fait son nid dans nos cœurs. Il le faut.
Ce qu'il nous faut supprimer, ce n'est pas l'aide apportée par l'éducation : c'est notre état intérieur, notre attitude d'adulte, qui nous empêche de comprendre l'enfant.|
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| Références |
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| Voir aussi |
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| (Maria Montessori par Hermann Röhrs) |