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« La tour de feu : revue internationaliste de création poétique... »
“ Pour un nouvel accès à la vie ”
Revue: N° 36-37, Printemps 1952
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« La Tour de Feu a été une revue mythique, qui a compté dans l’histoire de la littérature... » |
« ...Essentiellement de la poésie, ...soit des poèmes, soit des études sur des poètes. Mais aussi quelques nouvelles à l'occasion, plutôt courtes et d'écriture dense. Pas mal de chroniques aussi, sur revues et recueils.
Revue évidemment très mal diffusée, comme toutes celles qui ne sont pas assises sur une puissante maison d'édition. »
Jean-Jacques Nuel.
Rencontre avec La Nouvelle Tour de Feu
La Tour de Feu a été une revue mythique, qui a compté dans l’histoire de la littérature. Elle survit et se renouvelle sous la direction de Michel Héroult, qui a créé La Nouvelle Tour de Feu. Une rencontre pour découvrir quelle est la part de la tradition, et celle de l’innovation. (Cet entretien publié voici quelques années dans Ecrire & Editer a été actualisé par Michel Héroult en avril 2007.)
| J.J. Nuel : | Comment est née la NTDF ? Quelle continuité entretient-elle avec la mythique Tour de Feu ?
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| Michel Héroult : | En 1981, Pierre Boujut annonce la fin de la Tour de Feu. Je propose, avec Liliana Klein, de continuer avec le titre « La Nouvelle Tour de Feu ». Je figure au comité de rédaction de l’ancienne Tour et j’ai fréquenté les congrès de Jarnac depuis 1961. Pierre Boujut donne son accord. Dans les premières années, la Nouvelle Tour de Feu publie surtout les collaborateurs de l’ancienne. Pierre Boujut meurt en 1992. La NTDF prend alors réellement son autonomie et accueille de nouveaux collaborateurs. Le ton change et une large ouverture vers la création contemporaine se fait. Il n’y a pas eu rupture avec la Tour de Feu de Pierre Boujut, mais lente évolution. A son tour, la NTDF entre dans le mythe.
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| J.J. Nuel : | La part des chroniques est importante. Une revue peut-elle se passer d’une partie informative ?
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| Michel Héroult : | Ce qui fait la spécificité d’une revue, par rapport à une anthologie par exemple, c’est justement d’informer. Les poètes se plaignent d’être mis à l’écart, mais les revues offrent une large compensation. Les « sacs à poèmes » sont illisibles. Il faut alterner les genres : critiques, courtes nouvelles, études, poèmes. De ce point de vue, la NTDF, je crois, a donné le bon exemple en diversifiant au maximum les signatures.
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| J.J. Nuel : | Pourquoi garder la même couverture à chaque numéro ?
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| Michel Héroult : | Il s’agit d’imposer une spécificité. Il suffit de la voir à deux mètres et la revue est tout de suite reconnue. Du point de vue technique, c’est plus pratique, mais je compense en variant les couleurs. Les illustrations à l’intérieur de la revue donnent de l’espace aux novateurs. L’acquisition d’un photocopieur en couleur a apporté une véritable révolution.
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| J.J. Nuel : | Comment diffusez-vous la revue ?
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| Michel Héroult : | Je suis parti du fichier de la Tour de Feu dont Pierre Boujut m’a fait cadeau en 1982. Des bibliothèques abonnées à l’époque le sont toujours. La Tour de Feu constituait une famille d’esprits et la plupart des abonnements se sont reportés sur la NTDF. Mais entre les « anciens » de la Tour et les « nouveaux », il y avait la différence d’une génération. Nombre des abonnés du début sont morts. Le fichier s’est renouvelé à l’image de la vie. L’essentiel des apports se fait par contacts directs et bouche à oreille. J’effectue un important service de presse.
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| J.J. Nuel : | La NTDF apparaît de l’extérieur comme un lieu d’amitié et de fidélité. Cette impression est-elle juste ?
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| Michel Héroult : | C’était vrai il y a vingt ans ; on se retrouvait une fois par mois, dans un restaurant parisien. Bien avant, vers les années 60, il existait des rencontres hebdomadaires dans le Quartier Latin et des rassemblements à Jarnac vers le 14 juillet (Jean Follain voulait qu’on défile derrière la fanfare, mais ce n’était pas du goût de Pierre Boujut.) Des curieux passaient. Des drames se nouaient, se dénouaient. En fait, il y avait alors deux pôles de pouvoir : Jarnac où régnait Pierre Boujut et Paris où la fronde grondait souvent. Depuis plus de vingt ans, la NTDF est toujours présente au Marché de la Poésie de la place Saint-Sulpice à Paris. Plusieurs rencontres ont eu lieu aussi à Guyancourt, où Roland Nadaus était maire. Il existe là-bas, ceinturant un plan d’eau, le chemin de la Tour de Feu et un édifice public porte le nom de Moreau du Mans. Ce dernier n’a jamais figuré dans le comité de rédaction de Pierre Boujut, mais la NTDF, depuis, a largement réparé cet oubli. Un lieu, peut-être, reste à trouver. Voici la question : le train de la vie passe-t-il deux fois ? On peut penser que oui, puisque la NTDF compte maintenant un quart de siècle d’existence.
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| J.J. Nuel : | Répondez-vous aux envois de textes ? Quels conseils donneriez-vous aux jeunes auteurs désireux de publier ?
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| Michel Héroult : | Les courriers que l’on reçoit ne sont pas toujours « raisonnables ». Les Editions du Soleil natal ajoutent à la confusion. Quand on reçoit un pavé, est-ce pour la revue ? Pour un livre ? Parfois je téléphone et j’explique notre position : publication à dose modérée de poèmes à compte d’éditeur dans la revue ; refus de publication de poèmes à compte d’auteur. Dans la mesure où je fabrique moi-même les livres, la capacité de production est forcément réduite, d’autant plus que Soleil natal se retrouve aussi en position d’imprimeur ( revue A l’Index, que dirige Jean-Claude Tardif, et naguère recueil annuel d’un auteur décédé, et un bulletin municipal). Soleil natal publie à compte d’éditeur deux à quatre livres par an (Histoire en Essonne, ésotérisme et spiritualité). Les jeunes auteurs qui désirent publier ont intérêt à n’envoyer qu’une dizaine de poèmes à la fois auprès d’un maximum de revues et à recommencer tous les ans. A la fin du fin, ils se feront connaître.
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Fiche signalétique La Nouvelle Tour de Feu Adresse : 8 bis rue Lormier, 91580 Etréchy Tél : 01 60 80 24 33 Directeur de publication : Michel Héroult (en tant que président de l’association Editions du Soleil natal) Rédacteur en chef : Liliana Klein Membres du comité de rédaction : Pierre Chabert, Françoise Chauveau, Maurice Cury, Denis Emorine, A.D. Grad, Jean-Pierre Joyeux, André Lagrange, Bernard Landry, Roland Nadaus, Françoise Poirier, Pierre Roudy, Jean-Claude Roulet, Jean-Claude Tardif, Guy Valensol. Année de création : 1982 Périodicité : trimestrielle Nombre de pages : 110 Impression : duplicopie Riso à encre Format : 24,2 x 16,7 cm Brochage : dos carré collé Couverture : 4 couleurs en 4 passages sur Riso Illustrations : oui Photos : noir et blanc et couleur N° ISSN : 029 4409030 N° CPPAP : néant (perdu) Prix au numéro : 8 € Prix de l’abonnement : 25 € (France) – 30 € (étranger) Tirage : 400 Nombre d’abonnés : 150 (dont bibliothèques universitaires étrangères) Service de presse : 150 Diffuseur : CEDIF/Alpro (pour certains numéros spéciaux) Voir aussi : Le blog littéraire de Jean-Jacques Nuel Voir l'article original
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J. Krishnamurti, Paris 1950
Pierre Boujut a passé toute sa vie à Jarnac (Charente) où il a été tonnelier, puis marchand de "fers et futailles". Parallèlement, il a créé, animé et imprimé, pendant près de soixante années, trois revues littéraires : Reflets (1933-1936), Regains (1937-1939) et La Tour de Feu (1946-1991). Pierre Boujut a également publié des recueils de poèmes et un volume de souvenirs, Un mauvais Français (1989), grâce auquel il fut l'invité de Bernard Pivot, ce qui lui valut une notoriété tardive. Esprit libre et libertaire, Pierre Boujut n'a eu de cesse de fédérer autour de son ardent désir de "revue internationaliste de création poétique" un important groupe d'amis, quelque peu anarchistes, comme les poètes Adrian Miatlev, Edmond Humeau, Jean Follain, le grammairien Pierre Chabert, l'érudit Fernand Tourret. Moins proches, mais très présents dans la revue, figurent encore Emmanuel Eydoux, Georges-Arthur Goldschmidt, Pierre Chaleix, Gaston Ferdière, René Lacote, Jean Rousselot, Claude Sernet, Eugène Guillevic, Christian Prigent, André Laude. Tous les 14 juillet, "les amis de La Tour de Feu" se réunissaient dans le chai de Pierre Boujut à Jarnac, tandis que le reste du temps, les Parisiens se retrouvaient au café-tabac Le Saint-Claude, boulevard Saint-Germain. Source: www.imec-archives.com
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