Krishnamurti/En vrac's/Le Livre de la Méditation et de la Vie/Juillet/La douleur/9 juillet

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Il faut comprendre la souffrance


Pourquoi vous ou moi sommes-nous si insensibles à la souffrance d'autrui? Pourquoi sommes-nous indifférents au coolie qui porte un lourd fardeau, à la femme qui porte un enfant? Pourquoi sommes-nous si endurcis? Pour le comprendre, nous devons comprendre pourquoi la souffrance nous engourdit. C'est, à n'en pas douter, la souffrance qui nous endurcit ; ne la comprenant pas, nous y devenons indifférents. Si je comprends la souffrance, j'y deviens sensible, je deviens attentif à tout, non seulement à moi-même, mais à ceux qui m'entourent, à ma femme, à mes enfants, à l'animal, au mendiant. Mais nous ne voulons pas comprendre, et cette fuite devant la souffrance nous engourdit l'esprit et nous finissons par nous endurcir. Le fait est que cette souffrance, si elle n'est pas comprise, nous engourdit l'esprit et le cœur, et nous ne comprenons pas la souffrance parce que nous voulons y échapper, en comptant sur un gourou, sur un sauveur, sur les mantras, la réincarnation, les idées, l'alcool et toute autre forme de dépendance – tout est bon pour échapper à ce qui est...
Pourtant, comprendre la souffrance ne consiste pas à en découvrir les causes. Tout homme est à même de connaître les causes de la souffrance: sa propre inconséquence, sa stupidité, son étroitesse d'esprit, sa brutalité, et ainsi de suite. Mais si je regarde la souffrance elle-même sans désir de réponse, que se passe-t-il alors? Alors, n'étant pas en position de fuite, je commence à comprendre la souffrance ; mon esprit est attentif, alerte, vif, aiguisé, ce qui veut dire que je deviens sensible, et parce que je suis sensible, j'ai conscience de la souffrance des autres.
Extrait du livre :
CW, vol. V, p. 46


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