Krishnamurti/En vrac's/Le Livre de la Méditation et de la Vie/Juillet/La douleur/14 juillet

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Souffrance conscienteet inconsciente


La souffrance, c'est... le chagrin, l'incertitude, le sentiment d'une solitude absolue. La souffrance peut être liée à la mort, à l'incapacité à se réaliser, au fait de ne pas être reconnu, ou d'aimer sans être payé de retour. Il existe d'innombrables formes de souffrance, et il me semble qu'en l'absence d'une compréhension de la souffrance, les conflits, les malheurs, les souffrances quotidiennes qui accompagnent la corruption et la déchéance n'auront jamais de fin...
Il y a la souffrance consciente, et il y a la souffrance inconsciente, celle qui paraît sans fondement, sans cause directe. C'est la souffrance consciente qui nous est le mieux connue, et nous savons aussi comment l'aborder. Ou bien nous la fuyons par le biais d'une croyance religieuse, ou bien nous la rationalisons, ou bien nous avons recours à une drogue quelconque – intellectuelle ou matériellement tangible ; ou bien nous nous grisons de mots, de distractions, de divertissements futiles. Malgré tous ces efforts, nous n'arrivons pas à nous défaire de la souffrance consciente.
Et puis il y a la souffrance inconsciente qui nous a été léguée en héritage au fil des siècles. L'homme a toujours cherché à vaincre cette chose extraordinaire que l'on nomme souffrance, chagrin, détresse, mais même lorsque nous sommes superficiellement heureux, que tous nos désirs sont comblés, les racines de la souffrance sont toujours là, tapies dans les replis profonds de l'inconscient. Donc, lorsque nous parlons de la fin de la souffrance, nous voulons dire la fin de toute souffrance, consciente et inconsciente.
Pour mettre un terme à la souffrance, il faut avoir un esprit très clair et très simple. La simplicité n'est pas une simple idée. Pour être simple, il faut beaucoup d'intelligence et de sensibilité.
Extrait du livre :
CW, vol. XV, p. 221


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