Jean Klein (auteur)
Jean Klein, né le 19 octobre 1912 et mort le 22 févier 1998, était un maître spirituel européen s'inscrivant dans la tradition de l'Advaita Vedānta. Musicologue et médecin de formation, il est l'auteur de plusieurs ouvrages en français et en anglais (recueils d'entretiens) et enseigna aussi le yoga.
Il a dispensé au cours de sa vie en Europe et aux États-Unis un enseignement de la philosophie de la non-dualité dont la popularité en Occident est mise à son crédit par le fait qu'il fut le premier à l'adapter à la sensibilité occidentale[1]. Plusieurs auteurs contemporains se sentent héritiers de son enseignement.
Jean Klein est le père de l'actrice Nita Klein et de la danseuse (danse indienne) Malavika Klein.
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Biographie
Jean Klein a passé son enfance à Brno (actuelle République tchèque), à Prague et à Vienne. Plusieurs membres de sa famille étaient de bons musiciens. Il a appris le violon à l'âge de sept ans. Ses lectures, en particulier celle de Gandhi, le conduisent à devenir végétarien dès l'âge de 16 ans. Il découvre également les philosophies orientales à travers Lao Tseu, Tchouang-Tseu, Tagore, Ananda Coomaraswamy, Krishnamurti, Sri Aurobindo. Mais l'influence qu'il déclare être la plus grande fut celle de René Guénon[2].
Après des études de musicologie et de médecine, à Vienne et Berlin, Jean Klein aurait quitté l'Allemagne pour la France en 1933 et, durant la Seconde Guerre mondiale, aidé secrètement des milliers de personnes fuyant l'Allemagne nazie [2]. Dans les années 1950, il part en Inde. Il rencontre à Bangalore un maître spirituel qu'il appelle Pandiji. Il rencontre aussi Atmananda Krishna Menon, et Krishnamacharia qui l'initie au yoga. Jean Klein raconte l'expérience de l'éveil qu'il aurait connu lors de son séjour en Inde[3] :
Un changement complet survient un soir, sur Marine Drive à Bombay. Je regardais les oiseaux et soudain, je fus entièrement saisi par eux, comme si tout cela se passait en moi. J’eus réellement connaissance, conscience de moi-même. Le matin suivant, face à la variété de la vie quotidienne, je sus que ma compréhension de l’Être était une réalité. La vie coulait sans interférence de l’ego. Je me trouvais dans une paix incomparable. Toute séparation entre vous et moi disparut dans l’Unité. Je me connus dans l’immédiat de l’instant présent, dans une liberté, plénitude, une joie pure. Je ressentais une totale gratitude et non un sentiment traversé d’affectivité. Mon maître m’avait donné la compréhension de la vérité, j’en vivais la lumineuse réalité.
De retour en France, il commence dès 1960 à enseigner la philosophie de la non-dualité[4] et le yoga. Il prodigue ses enseignements dans divers pays européens (France, Suisse, Italie, Espagne, Grèce, Grande-Bretagne, Pays-Bas) puis, à partir des années 1980, également aux États-Unis, où il passa les dernières années de sa vie. Il meurt à Santa Barbara, Californie.
La figure de Jean Klein est évoquée dans le livre de l'écrivain roumaine Henriette Yvonne Stahl "le Témoin de l'Éternité" (éd. Caractères, 1975). Il a aussi inspiré le personnage de Dzaza Dzongzong dans "Pieds nus sous les rhododendrons", album de la série Jonathan de Cosey (éd. Le Lombard, 1977).
Enseignement
Selon Jean Klein, la notion de relation, chère à l'occident, présuppose l'existence d'une séparation entre les objets et les personnes. Il déclare, de son point de vue, que cette séparation ainsi que toute idée de relation est une « fiction du mental » alors que la réalité serait une « totalité unifiée » ou « indifférenciée »[5]. C'est une définition du réel propre à la non-dualité et dont il a été un promoteur actif.
Citations
- Ce que vous cherchez, vous l'êtes déjà.
- Nous ne pouvons parvenir à l'inconnu en poursuivant le connu.
Bibliographie
- L'ultime réalité, Courrier du livre (1968)
- Sois ce que tu es, Courrier du livre (1976)
- La joie sans objet, Mercure de France (1977)
- L'insondable silence, Les Deux Océans (1986)
- Qui suis-je ? La quête sacrée, Albin Michel (1988)
- La conscience et le monde, Acarias - L'Originel (1992)
- A l'écoute de soi, Les deux Océans (1992)
- Transmettre la lumière, Éditions du Relié (1994)
- Ouvert à l'inconnu, Acarias - L'Originel (2009)
- La joie sans objet, Almora (2009) (rééd.)
Jean Klein dirigea la revue "Être" de 1973 à 1993.
Notes et références
- ↑ Sur le site de René Barbier professeur des sciences de l'éducation à Paris VIII
- ↑ 2,0 et 2,1 « Encyclopedia of Hinduism », Constance A. Jones et James D. Ryan, Facts On File Inc, 2006
- ↑ « L'insondable silence » Jean Klein, Les Deux-Océans, 1986
- ↑ The Book of Enlightened Masters: Western Teachers in Eastern Traditions, Andrew Rawlinson, 1997, Carus Publishing Company
- ↑ « Qui suis-je, la quête sacrée ». Jean Klein, Albin Michel 1989
Voir aussi
Liens internes
Liens externes
- Notice d'autorité du catalogue BNF
- La relation (par Jean Klein)
- Jean Klein, le guide du silence et l’exploration de la relation corporelle, par David Ciussi