Personnalités/Vimala Thakar
| (Née le 15 Avril 1923 - Décédée le 11 Mars 2009) 1. Pour la rédaction de cette note, nous avons fait de larges emprunts à celles que nous avions écrites dans Un éternel voyage (Le Courrier du Livre, Paris 1968) et dans LA MÉDITATION un mode de vie (même éditeur, Paris, 1975). On pourrait dire de Vimala Thakar qu'elle s'est vouée, presque depuis sa naissance, à une quête spirituelle qu'elle a menée inlassablement, au mépris de toute ambition mondaine, avec une vigueur et une résolution singulières qui forcent le respect et l'admiration. Dès l'âge de cinq ans, « le concept traditionnel d'un Dieu personnel » était devenu pour elle « une réalité vivante » et, vers l'âge de douze ans, elle avait déjà lu les bibliographies de presque tous les saints éminents de l'Inde. Elle a fait l'expérience des conditions sociales les plus dissemblables. Petite fille d'un râja, et vivant d'abord dans le luxe d'un palais, elle devait connaître ensuite la misère et la faim, lorsque ses parents, qui avaient pris le parti de Gandhi, furent emprisonnés. A l'université de Nagpur, qui lui a délivré une licence de philosophie, elle a suivi des cours de logique, d'éthique, de psychologie et de métaphysique. Ce qui lui a permis d'ajouter à sa connaissance des enseignements spirituels de l'Inde celle de la pensée des philosophes occidentaux: Platon, Aristote, Kant, Hegel et d'autres. Elle a en outre étudié le soufisme, le bouddhisme et le christianisme. De brefs séjours aux U.S.A. et en Angleterre la firent « prendre conscience de l'impact du progrès scientifique et technique sur l'esprit humain. » Quand Vinôba Bhave lança le mouvement Bhoodan, elle y apporta sa coopération enthousiaste, une coopération qui devait durer huit ans et lui donner l'occasion de s'initier aux différents systèmes de pensée politique. De ce travail, elle dira: « Il me fit visiter pratiquement tous les États de l'Inde. Je traversai le pays de haut en bas, parlant dans les meetings, organisant des camps d'entraînement pour les travailleurs, collectant des terres et les distribuant à des laboureurs qui n'en possédaient pas. C'était toute une expérience que de faire face à l'Inde vivante. » La phase de sa recherche spirituelle se situant entre les années 1957 et 1961 a été profondément marquée par sa rencontre avec Jiddu Krishnamurti. Venant après d'autres qui avaient joué un rôle important dans l'histoire de sa vie intérieure, cette rencontre, qui eut de multiples aspects, fut à l'origine d'une transformation décisive de son être spirituel et d'une réorientation radicale de ses activités. Citant la lettre de nouvelles n° 5 de la Vimala Thakar Foundation, publiée en 1975, nous dirons que, depuis 1962, Vimala « a beaucoup voyagé, s'adressant dans toutes les parties du monde à des professeurs et étudiants d'université, ainsi qu'à des groupes restreints ou étendus de profanes. Elle parle de l'urgente nécessité de parvenir à la connaissance et au dépassement de soi par une approche totale, non fragmentaire, de la conscience. » Bien qu'elle poursuive inlassablement ses voyages dans de nombreuses contrées du monde, pour y diffuser le message spirituel qui est devenu sien depuis cette transformation intérieure qu'elle a rapportée dans son livre Un éternel voyage, Vimala n'a pas pour autant abandonné l'action sociale qui avait été si intensément sienne au temps où elle parcourait toute l'Inde en tant que responsable éminente du mouvement Bhoodan. Elle continue d'exercer passionnément cette action qui, pour elle, comme en témoigne l'ouvrage Spirituality and social action, a wholistic approach (« Vimala Programs » ,Berkeley, California, U.S.A. 1984.), n'est pas disjointe de son action spirituelle. Vimala frappe par son extraordinaire vitalité, son indomptable énergie, dont témoigne au surplus la vie intensément active, et responsable, qui fut sienne, face au public indien, durant de si nombreuses années. Cette force de caractère stupéfiante, cette détermination intrépide, ne l'empêchent pas d'être une interlocutrice ouverte et charmante, une créature accueillante, qui a vu et affronté, dans son pays natal, tant de pauvreté que rien ne peut la rebuter et qu'elle peut pénétrer, en les éclairant de la lumière de son sourire, dans les demeures les plus humbles, les plus misérables. On ne peut que s'incliner devant cette vie, si courageuse et si méritoire, d'un être d'une sensibilité, d'une noblesse et d'une distinction raffinées.
VIMALA THAKAR est aujourd'hui une Indienne âgée résidant à demeure à Mont Abu, un village du Rajasthan, où elle accueille chaleureusement ceux qui veulent s'entretenir avec elle de vie spirituelle : Indiens et Occidentaux. Elle est aussi un auteur connu dans les milieux anglophones pour ses ouvrages de spiritualité qui sont souvent la mise noir sur blanc des nombreuses conférences et échanges donnés tout au long de trente années de voyage dans le monde entier. Elle est née en Inde, dans la province du Mahârâstra, près de Bombay en 1923, dans une famille de brahmanes. Elle y a grandi dans un climat de cosmopolitisme religieux et de tendresse familiale auquel elle dit devoir beaucoup. Après une formation universitaire et un voyage aux États-Unis et en Angleterre qui l'a mise en contact avec les disciplines scientifiques et les réalités technologiques, elle a rencontré Vinoba Bhave, héritier spirituel de Gandhi, soucieux de promouvoir une révolution sociale non-violente dans la société indienne. Elle est alors entrée dans le mouvement Bhoodan et y a passé huit années durant lesquelles elle a visité presque tous les états de l'Inde, tenant des meetings, organisant des camps de travail, collectant des dons de terres pour les distribuer aux paysans. Elle s'est formée durant ces voyages et à travers des séjours à l'étranger où elle a pu observer les effets de différentes formes de gouvernement et prendre conscience des méfaits causés par le racisme et les nationalismes de toutes sortes. Elle en a conclu à l'impuissance des systèmes politiques à rendre les hommes libres et heureux. Elle a connu alors une crise spirituelle profonde et une remise en cause de toutes ses certitudes. Elle parle elle-même d'une nouvelle et douloureuse naissance. La rencontre de Jiddu Krishnamurti a joué un rôle dans ce retournement et a fait basculer son désir de révolution sociale en une exigence préalable de transformation personnelle. En 1961, celui-ci lui a conseillé de changer son fusil d'épaule et de déplacer son champ de parole et d'action du domaine social au domaine spirituel. A commencé alors un long périple à travers le monde pour partager avec qui voulait l'entendre sa conviction sur la nécessité d'une libération intérieure. Le récit de ces voyages a été publié en Inde en 1996 par sa secrétaire Kaiser Irani, sous le titre " Vimalaji's Global Pilgrimage " " Je ne suis pas une autorité qui fait des exposés ou des discours. Comme Krishnamurti, Vimala ne cesse de récuser en matière spirituelle le principe d'autorité. Ce n'est pas un enseignement hiérarchiquement cadré qu'elle propose mais un compagnonnage dans la recherche : |
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OUVRAGES PUBLIÉS La majorité des textes publiés par Vimala l'a été en anglais.
Ont été traduits en français :
L'ensemble de la pensée de Vimala est accessible dans les trois ouvrages suivant : Sagesses Concordantes - Vol. 2, Quatre Maîtres Pour Notre Temps : Etty Hillesum, Vimala Thakar, Svâmi Prajnânpad, Krishnamurti, (Éd. Accarias-L'Originel - 2004). 302 pages. Dimensions : 21.00 x 13.00 x 3.00. Alain DELAYE L'enseignement De Vimala Thakar, (Éd. Le Lotus D'or - 2007). 115 pages. Dimensions : 21.50 x 14.00 x 0,80. Christine Townend Résumé : |
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